N26 se valorise à 1.000 dollars le client
N26 ne s’arrête plus. La néobanque allemande vient d’annoncer une extension de sa levée en série D de janvier dernier de 170 millions de dollars, passant de 300 à 470 millions de dollars, la valorisant 3,5 milliards de dollars.
«C’est un signe de confiance de nos investisseurs», explique à L’Agefi Jérémie Rosselli, general manager France chez N26, qui compte à son conseil ses investisseurs historiques dont Insight Venture Partners, Tencent, Allianz X ou encore Valar Ventures. «Nous avons trois objectifs : accélérer notre développement à l’international, développer nos équipes et investir dans de nouveaux produits» précise-t-il.
N26 devient l’une des fintech les plus valorisée en Europe, devant Revolut (1,7 milliard de dollars) et Monzo (2,2 milliards de dollars). A titre de comparaison, «la valorisation de BBVA est de 35 milliards de dollars pour 35 millions de clients. Chez N26, on a désormais le même facteur de 1.000 dollars le client», note Julien Maldonato, associé conseil, industrie financière chez Deloitte. «Or, c’est intéressant chez BBVA quand on fait du profit, c’est plus discutable pour N26 avec la réelle inactivité du client.»
Si N26 revendique 3,5 millions de clients, on ne connaît pas le taux réel d’activité de ces derniers. Selon une récente étude de KPMG, seuls 33% des clients de néobanques utiliseraient leur compte courant principal. Dès lors, «peut-on valoriser une néobanque dans la mesure où elle ne dégage pas de la marge?» s’interroge l’associé Deloitte.
«Même si N26 n’a pas encore atteint son point d'équilibre, nos investisseurs partagent notre stratégie et ont les ressources et la détermination à nous financer sur le long terme», confie Jérémie Rosselli. Pour Julien Maldonato, les investisseurs font deux paris sur l’avenir de N26 : «croire en la capacité de N26 à transformer sa base de clients en clients rentables et à continuer sa croissance folle d’adoption». Car, «on n’est pas à l’abri d’un essoufflement : une marque peut du jour au lendemain tomber aux oubliettes.»
Avec ses 170 millions de dollars, la néobanque veut investir dans de nouveaux produits (les comptes partagés) et développer ses équipes (1.300 collaborateurs). Déjà présente dans 24 pays, elle s’est installée la semaine dernière aux Etats-Unis. Elle vise aussi le Brésil. L’objectif ? Conquérir 50 millions de clients d’ici quelques années... Pour Julien Maldonato, rien ne sert de courir. «N26 doit conquérir au moins 10 millions de clients et travailler sur sa logique de rentabilité.»
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