Les régulateurs vont devoir s’adapter aux modèles des fintech
La Banque de France a invité le directeur de l’autorité de régulation de Singapour à s’exprimer sur l’évolution des nouvelles technologies dans la finance.
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Fabrice Anselmi
François Villeroy de Galhau, gouverneur de la Banque de France, et Ravi Menon, directeur général de l’Autorité Monétaire de Singapour, le 14 mai 2019.
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Capture écran BdF.
Invité par la Banque de France à faire un point sur les nouvelles technologies dans la finance, Ravi Menon, le directeur général de l’Autorité Monétaire de Singapour (MAS), a décrit le long voyage que doivent désormais entreprendre ensemble ces deux secteurs aux approches différentes puisque la finance est longtemps restée «centrée sur le produit» alors que la technologie se veut «centrée sur le client». «Les innovations proposées, à l’instar des systèmes d’identification et de connaissance des clients (KYC) ou des nouveaux services de paiement, ne pourront pas être efficaces si elles restent dans un système fermé. Un rôle des autorités de régulation est bien d’organiser le dialogue entre les fintech et avec les institutions financières afin que les systèmes puissent communiquer entre eux, à un niveau national et rapidement international, même si cela demande des expérimentations», a insisté Ravi Menon, évoquant les potentiels gains importants en termes de coûts, et donc d’inclusion de populations encore non bancarisées.
Décomposer les tâches
Le troisième élément de la révolution technologique, directement lié aux utilisateurs, est la confiance que ces derniers doivent pouvoir avoir dans le système qui conserve ou gère leur argent et protège leurs données. Cette confiance passe aussi par une nouvelle approche des régulateurs et des banques centrales : «Nous devons évaluer les fintech uniquement sur la base de leur activité. Partant de là, nous devons décomposer nos modèles car les fintech ont décomposé la chaîne de valeur des activités financières. Ce ne sont pas des banques, elles ne proposent qu’une partie de l’activité, et ne peuvent donc pas être régulées comme des banques. Les régulateurs doivent s’adapter, segmenter les différentes tâches dans la chaîne des paiements et des autres activités, dépôts compris, les différents risques, et comprendre tout cela séparément. C’est le plus grand défi pour les régulateurs.»
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