Les régulateurs dressent un cadre d’analyse pour les applications de la blockchain
Les initiatives et consortiums autour de la blockchain ne se comptent plus sur les marchés financiers. De l’assurance au commerce international, du marché des changes à la gestion du collatéral, la technologie semble devoir se glisser partout, sans que les autorités de supervision ne suivent forcément le mouvement. Pour y remédier, le Comité des paiements et des infrastructures de marché (CPMI) a publié hier un cadre d’analyse destiné aux banques centrales. «Ce rapport veut aider les banques centrales et les autres autorités comme le public à identifier les risques aussi bien que les bénéfices associés à la technologie émergente (de la blockchain, ndlr)», a déclaré Benoît Coeuré, le président du CPMI, dans un communiqué de presse.
Le rapport souligne que si les attentes sont très importantes autour de la technologie, «il y a encore un long chemin à parcourir avant que les promesses soient entièrement tenues». De fait, «il apparaît clairement que les évolutions et les gains d’efficacité liés seront plus probablement incrémentaux que révolutionnaires».
Parmi les questions auxquelles les autorités doivent répondre lorsqu’elles évaluent une nouvelle application de la blockchain, le CPMI note l’importance des règles de gouvernance et de juridictions. La technologie se prête en effet autant aux applications les plus larges et moins régulées, à l’instar du bitcoin, à des associations restreintes, où la validation des opérations est l’apanage d’une seule entité. Le règlement des transactions pose un autre problème, les règles actuelles ne pouvant s’appliquer directement aux processus de la blockchain, qui demandent à être réglées en amont de la mise en place des applications. D’autres «questions clés» à prendre en considération par les autorités concernent la répartition des coûts des nouvelles applications, l’arbitrage entre transparence et confidentialité ou la diffusion de standards et l’interopérabilité des systèmes.
Ce cadre d’analyse ne se veut «ni compréhensif, ni exhaustif» et doit s’entendre comme «un point de départ» pour appréhender les applications concrètes de la technologie blockchain sans prescrire de solution particulière, rappelle le CPMI. «La technologie distribuée pourrait changer la donne pour les activités de paiements, de clearing et de règlement si les fintechs et les institutions financières peuvent utiliser la technologie pour répondre aux exigences légales, opérationnelles et de gestion des risques», conclut Benoît Coeuré.
Plus d'articles du même thème
-
Le forum fintech de l'AMF et de l'ACPR souffle ses dix bougies
En dix ans, les enjeux autour des fintechs ont changé. La tokenisation et l'intelligence artificielle sont sur le devant de la scène. -
Investir au Brésil, la promesse exigeante d'une économie à fort potentiel
Le pays a connu un important développement durant la dernière décennie, avec des entreprises solides issues de secteurs diversifiés. Pour les investisseurs, les opportunités ne manquent pas à condition d’étudier sérieusement les trajectoires de croissance. -
Prépar-Vie sélectionne une plateforme technologique pour ses opérations d’investissement front-to-back
L'opération doit permettre à l'assureur de simplifier ses opérations d’investissement et de rationaliser le reporting de son actif général et de ses investissements en unités de compte au sein d’une plateforme unique.
Sujets d'actualité
ETF à la Une
WisdomTree mise sur des ETF à rendement défini
- L'ACPR stoppe Wakam dans sa course en l'obligeant à cesser ses souscriptions
- CNP Assurances fait un nouveau pas en dehors du réseau de La Banque Postale
- Laura Denis, un air frais souffle sur Bercy
- Le prix du pétrole retombe sous 100 dollars le baril
- L’IA ne sait pas lire correctement les résultats du CAC 40
Contenu de nos partenaires
-
BougeotteÇa swingue dans les conseils d'administration du CAC 40
Le renouvellement des conseils d’administration devient un sujet de stratégie à part entière. En France, les entreprises du CAC 40 ont davantage recruté en 2025 et privilégient les profils plus transversaux, souligne une étude du cabinet Heidrick & Struggles -
Force majeureCernés par la menace iranienne, Riyad et Abu Dhabi contraints de se reparler
Les deux pays du Golfe entretiennent une intense rivalité, mais les récentes avancées des Houthis au Yémen pourraient bien les pousser à se rapprocher -
MaydayTaxes et colère lycéenne : le budget de Sébastien Lecornu encaisse un atterrissage brutal
Pendant des semaines, le Premier ministre a préparé dans l'ombre son budget pour la France. A l'instant où il a allumé la lumière, la colère lui est tombée dessus