La plate-forme de prêts aux PME a ouvert son premier projet espagnol, financé notamment par des épargnants allemands, italiens et anglais.
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Jade Grandin de l’Eprevier
Olivier Goy, directeur général de Lendix
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C’est le premier vrai prêt paneuropéen», se félicite Olivier Goy, directeur général de Lendix. La start-up de prêts aux PME a mis en ligne son premier projet non français, un crédit de 310.000 euros sur 60 mois à l’entreprise espagnole J.I.Z. Operaciones, spécialisée dans la logistique, le stockage, l’emballage et la gestion de documents. Le montant servira à financer la restauration et la mise en conformité de deux entrepôts.
Les premiers 51% prêtés, soit 158.100 euros, ont été versés automatiquement par le fonds institutionnel de Lendix, comme c’est le cas pour chaque financement sur la plate-forme. Il s’agit du deuxième fonds, bouclé début janvier à 75 millions d’euros, contre 26,8 millions d’euros pour le premier en juin 2016. Abondé notamment par Groupama, CNP Assurances ou la Matmut, il a déjà été déployé au quart. Le reste du montant levé par J.I.Z. Operaciones a été apporté par des particuliers «français, italiens, allemands, anglais, espagnols… » se réjouit Olivier Goy. Lendix revendique 17.000 investisseurs particuliers, en grande majorité des Français.
Mais pour atteindre 140 millions d’euros prêtés en 2017 contre 45 millions en 2016 et 11 millions en 2015, la start-up veut devenir internationale. Ses cibles : l’Espagne et l’Italie. Ce sont «de grands marchés pour le prêt aux PME, ils représentent de 80 à 100 milliards d’euros chacun par an, contre 80 milliards en France, souligne le dirigeant. Les relations entre les banques et les PME sont plus distendues qu’en France car les banques ont été plus touchées par la crise».
Lendix a obtenu son agrément espagnol en octobre dernier et a recruté Grégoire de Lestapis, ex directeur général de BBVA en France, pour diriger la filiale. «Le régulateur espagnol a un processus d’agrément spécifique pour les plates-formes de prêt, très différent de celui de l’Orias, qui ressemble plus à celui d’un agrément de type société de gestion en France, explique Olivier Goy. Nous avons obtenu l’agrément d’une société de gestion en trois mois en France, celui d’une plate-forme de prêt en un an en Espagne». Plusieurs plates-formes y sont déjà présentes, «mais seulement huit sont agréées, et leurs volumes de prêts sont petits».
En Italie, Lendix n’a pas eu à obtenir d’agrément. «Il n’y a pas de réglementation spécifique, décrit Olivier Goy, mais une tolérance de la Banque d’Italie qui nous permet d’exercer avec nos agréments français et espagnol.» La start-up espère financer son premier projet italien d’ici le début du deuxième trimestre.
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