Le Spac de Tidjane Thiam jette son dévolu sur une fintech mexicaine
Tidjane Thiam n’aura pas attendu bien longtemps. Il y a quelques mois, l’ex-directeur général de Credit Suisse avait exprimé son souhait d’acquérir, via son Special purpose acquisition company (Spac), une entreprise au croisement de la finance et du digital : son Spac Freedom Acquisition I Corp serait en pourparlers exclusifs pour acquérir la fintech mexicaine Credijusto spécialisée dans les petites et moyennes entreprises (PME) et le fournisseur latino-américain de données CIAL Dun & Bradstreet, révèle le Financial Times.
L’entité fusionnée serait cotée à la Bourse de New York. Aucune des parties ne souhaite commenter l’information.
L’accord pourrait valoriser les sociétés combinées à environ 1,5 milliard de dollars. La nouvelle entité permettrait d’accorder davantage de prêts aux PME, grâce à une analyse plus fines des données des entreprises. Dans un premier temps, elle serait présente dans les 43 pays d’Amérique latine où CIAL opère déjà, avant de s’étendre aux États-Unis, en Afrique et au Moyen-Orient.
En mars, le Spac de Tidjane Thiam avait levé 345 millions de dollars dans le but de réaliser une ou plusieurs acquisitions dans le digital et la finance. Pour sa première opération, l’ex-patron de Credit Suisse miserait ainsi sur une fintech qui revendique une croissance annuelle de ses revenus de 250% depuis son lancement en 2015. Credijusto se concentre sur les 6 millions de PME mexicaines, qui génèrent la moitié du produit intérieur brut du pays et emploient plus de 70% de la main-d'œuvre. Au mois de juin, elle a racheté sa rivale, la banque régulée Banco Feintera, revendiquant désormais 6.000 clients et des actifs de 300 millions de dollars.
Depuis son lancement, Credijusto a levé 400 millions de dollars auprès d’investisseurs de premier plan, comme Goldman Sachs mais aussi… Credit Suisse. Si la fusion via le Spac devait aboutir, les fondateurs de Credijusto continueraient à diriger leur entreprise, qui compte 250 salariés.
L’ex-patron de Credit Suisse n’est pas le seul banquier à s’être lancé dans l’aventure des Spac. L’ancien dirigeant de Citigroup Michael Klein, le directeur d’UniCredit Jean-Pierre Mustier ou les frères Zaoui ont également sauté le pas, sans pour autant réaliser d’opérations à ce stade. Avec cette première opération, Tidjane Thiam ouvre donc la voie sur les possibilités ouvertes par les Spac de miser sur les fintechs.
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