Le Crédit Agricole se prépare à lancer un stablecoin en euros
Le Crédit Agricole avance ses pions dans la finance de demain. Selon le média spécialisé Blockstories, la banque préparerait l'émission d’un stablecoin en euros pour cet été. Des sources proches ont confirmé cette information à L’Agefi.
Ce jeton, représentant une monnaie fiduciaire sur la blockchain, serait adossé au bilan de la banque, de la même manière que le jeton émis par Oddo BHF. La banque privée a lancé son stablecoin EUROD en octobre dernier : elle est la première banque européenne à l’avoir adossé à son bilan.
Dollars et euros
Le deuxième groupe bancaire européen mise à la fois sur le stablecoin dollar et le stablecoin euro. Il y a quelques semaines, lors d’un événement du cabinet d’avocats Gide, Caceis, la filiale du Crédit Agricole spécialisée dans les services financiers aux sociétés de gestion et aux investisseurs institutionnels, a annoncé rejoindre le consortium bancaire Faro (le nom est encore au stade d’expérimentation). Ce consortium, lancé en octobre, réunit plusieurs grandes banques internationales : Banco Santander, Bank of America, Barclays, BNP Paribas, Citi, Deutsche Bank, Goldman Sachs, MUFG, TD Bank et UBS. Son projet est d'émettre un stablecoin en dollars.
« Nous faisons désormais partie de ce consortium, ce qui nous permet d’explorer très concrètement l’utilisation d’un stablecoin aux côtés d’autres grands groupes internationaux, sans exclure d’autres modèles », expliquait Eliane Méziani, chief of staff- general management à Caceis, lors de l'événement, selon Blockstories.
« Un groupe de banques internationales de premier plan mène une réflexion commune sur l’émission d’une forme de monnaie digitale adossée à des réserves à parité 1 pour 1. Cette initiative vise à proposer un actif de paiement stable, disponible sur des blockchains publiques, et centré sur les devises des pays du G7 », précisait le communiqué de BNP Paribas lors de l’annonce du lancement.
La course aux stablecoins
Les contours du projet de Faro ne sont pas encore publics. Le consortium a été lancé un mois après le lancement du consortium bancaire européen Qivalis, qui regroupe désormais douze banques (Banca Sella, CaixaBank, Danske Bank, DekaBank, DZ BANK, ING, KBC, Raiffeisen Bank International, SEB, UniCredit, BNP Paribas, BBVA). La coentreprise, basée à Amsterdam, attend actuellement son agrément d'établissement de monnaie électronique auprès de la Banque centrale des Pays-Bas.
Caceis a été la première banque française à obtenir l’agrément MiCA (Markets in Crypto-Assets), en juillet dernier. Cet agrément européen lui permet de conserver et d’administrer des cryptoactifs pour des tiers, institutionnels ou corporates et de réceptionner et transmettre les ordres, donc d’avoir un rôle d’intermédiaire dans le trading crypto auprès des plus grandes plateformes comme Coinbase et Binance.
A lire aussi : Les stablecoins, porte d’entrée financière vers la blockchain
En consortium ou en indépendante (comme la pionnière SG-Forge avec l’EURCV et l’USDCV), les banques européennes se lancent dans la course aux stablecoins. L’année dernière, le marché de cette forme de monnaie numérique a atteint plus de 300 milliards de dollars, dominé à 97 % par deux acteurs privés américains, Circle et Tether. Et même sur le stablecoin en euros, un acteur non européen domine : l’EURC de Circle, réglementé par Mica, atteint une capitalisation d’environ 530 millions d’euros, contre 80 millions pour l’EURCV de SG-Forge.
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