Le courtier eToro devrait entrer à Wall Street en septembre
Après avoir annoncé mi-mars son regroupement avec le Spac FinTech 5 coté au Nasdaq, eToro devrait faire ses débuts à Wall Street au mois de septembre sous le nom d’eToro Group. La transaction comprend 250 millions de dollars (210 millions d’euros) issus de FinTech 5 et 650 millions de dollars d’un placement privé auprès de sociétés dont SoftBank, Fidelity et Wellington, à 10 dollars l’action.
«Les Spac (coquille vide cotée en Bourse pour réaliser des acquisitions, ndlr) ont connu un regain de popularité ces deux dernières années, c’est cette méthode à laquelle nous avons souhaité avoir recours», précise à L’Agefi Valérie Kalifa, directrice marketing France d’eToro. La société, qui est régulée en Europe par la Cyprus Securities and Exchange Commission, devrait être valorisée 10,4 milliards de dollars. Cela n’est pas «un chiffre faramineux. Cela équivaut à 9,7 fois les revenus nets estimés pour 2022», estime-t-elle. Rapportée à son excédent brut d’exploitation (Ebitda) de 95 millions de dollars en 2020 publié sur le site de la société, cette valorisation apparaît bien plus élevée, à près de 110 fois l’ebitda. Même si la forte croissance du groupe peut justifier ce ratio hors norme.
L’an dernier, la société a réalisé un chiffre d’affaires en hausse de 147% à 605 millions de dollars. Très optimiste, elle prévoit de l’augmenter en 2021 de 70%, puis de 30% chaque année jusqu’en 2025 pour atteindre 2,5 milliards de dollars de recettes d’ici 4 ans.
Une entrée à Wall Street devrait permettre au courtier de poursuivre sa croissance géographique, en accélérant notamment aux Etats-Unis. Elle souhaite également faire évoluer sa plateforme et proposer d’autres produits. «Nous faisons par exemple très souvent évoluer l’expérience utilisateur de nos clients, en rajoutant des moyens de paiement», explique la responsable marketing. eToro envisage notamment de lancer une carte de débit.
Comme beaucoup de néo-courtiers, eToro revendique une offre ‘zéro commission’, en proposant des transactions sans commission sur les actions réelles et les fonds négociés en bourse. Elle facture cependant les opérations sur les CFD via les écarts entre les prix d’achat et de vente (spreads) et des frais de nuit sont applicables pour certains actifs.
EToro revendique 20 millions d’utilisateurs, dont 5 millions de plus sur l’année 2020 et s’attend à en conquérir encore plus cette année. Fondée en 2007, la plateforme qui emploie 1.100 personnes, permet d'échanger toutes sortes d’actifs financiers, dont les cryptomonnaies.
Plus d'articles du même thème
-
Le panel de L’Agefi voit les taux de plus en plus élevés
Les prévisionnistes interrogés par L’Agefi ont relevé leurs prévisions de taux à 10 ans pour toutes les géographies dans six mois, mais pas toutes dans des proportions importantes. Ils annulent également a priori la perspective d’une baisse de taux de la Fed avant fin octobre. Et remontent un peu leurs espoirs pour le yen. -
Les grandes banques espagnoles maintiennent le cap malgré la guerre au Moyen-Orient
La vitalité de l'économie du pays et la diversification des modèles soutiennent la trajectoire des principaux acteurs bancaires. -
Le potentiel de progression des marchés actions est désormais très limité
Les indices européens et américains sont attendus en hausse de 2 % à 3 % en six mois et de 6 % à l'horizon d'un an. Les perspectives sont encore plus réduites pour le Nikkei, qui a pris beaucoup d’avance, avec un gain de 18 % depuis le début de l’année.
ETF à la Une
Schroders lance un ETF actif sur les actions américaines en Europe
- Un nouveau vent de fronde souffle sur les certificats d’investissement du Crédit Agricole
- Revolut, un modèle bancaire singulier et valorisé à prix d'or
- La banque de détail porte les résultats du Crédit Agricole au premier trimestre
- La Société Générale affiche un résultat net trimestriel de 1,7 milliard d'euros
- Le gendarme de l'assurance suspend le courtier Jacques Pilliot
Contenu de nos partenaires
-
EditorialCarburants : TotalEnergies, plus responsable que toute la classe politique
Dans un concert d'impostures, TotalEnergies maintient le plafonnement de ses prix, alerte sur une possible crise de l'approvisionnement, prépare l'avenir en consacrant un tiers de ses investissements aux énergies bas carbone, s'affirme comme un acteur clé de la souveraineté énergétique française -
DilemmaL’Italie veut relancer le nucléaire, mais ne sait toujours pas où enterrer ses déchets
Rome vient de renouveler son accord avec la France pour maintenir jusqu’en 2040 sur le territoire français une partie des ses déchets -
TaxesLes Européens de nouveau face au dilemme Trump
Engager le rapport de force ou jouer l’apaisement ? Les Vingt-Sept risquent de devoir trancher cette éternelle question si le président américain met ses nouvelles menaces commerciales à exécution