La valorisation de Robinhood gonfle à vue d’œil
Et un de plus. Le courtier en ligne Robinhood a annoncé lundi sur son blog avoir bouclé un tour de table de série G de 200 millions de dollars (168,5 millions d’euros), avec un nouvel investisseur, D1 Capital Partners. Selon Robinhood, cette nouvelle injection de cash la valorise 11,2 milliards de dollars – soit bien plus que la valorisation de 8,6 milliards de dollars qu’elle avait atteinte le mois dernier, lors de son tour de table précédent, de 320 millions de dollars. Au total, Robinhood a levé à ce jour 1,7 milliard de dollars, selon Crunchbase.
De quoi susciter encore davantage l’intérêt des investisseurs, qui scrutent la possible introduction en Bourse prochaine de Robinhood – prévue dans un premier temps, mais désormais quand les conditions le permettront – et sa rentabilité. Un point sensible : pour l’heure, la firme de Menlo Park n’a pas indiqué si elle était rentable.
Depuis son lancement en 2013 par Vladimir Tenev et Baiju Bhatt, Robinhood a secoué l’industrie des brokers en ligne en imposant l’absence de commission sur les transactions dans son modèle économique, et son interface mobile sophistiquée, conquérant ainsi des jeunes consommateurs. Elle revendique 13 millions d’utilisateurs aux Etats-Unis.
En l’absence de revenus de commissions, Robinhood croit pouvoir générer des revenus avec une «rémunération concernant la transmission des ordres», une pratique controversée qui implique de vendre des commandes d’ordres de clients à des teneurs de marchés tels que Citadel Securities, selon Fortune. Les grandes sociétés de trading lui reversent ainsi des commissions sur les opérations traitées. Ce seul mécanisme a rapporté à Robinhood 180 millions de dollars au deuxième trimestre, contre 90 millions au trimestre précédent. Selon des observateurs cités par le magazine financier, ce type de rémunération peut bénéficier aux investisseurs individuels en leur assurant des prix plus favorables.
Robinhood génère aussi des bénéfices avec son offre premium Robinhood Gold, qui permet d’emprunter pour miser plus d’argent, et des intérêts perçus sur les liquidités dormantes des comptes clients.
Mais sa poussée pendant le confinement lié à la pandémie a nourri la fascination et les critiques au sein de Wall Street : la plate-forme attire des jeunes utilisateurs dont bon nombre ne comprennent pas les risques des paris boursiers. Robinhood a récemment bloqué l’accès aux informations sur le trading boursier individuel, selon l’agence Bloomberg. C'était un paramètre très suivi par les investisseurs tels que les fonds spéculatifs.
Plus d'articles du même thème
-
CVC relance la piste Nexi, en veillant à ménager Rome
A l'affût d'opportunités dans les infrastructures européennes, le géant européen du capital investissement envisage une offre à 9 milliards d'euros sur le spécialiste italien des paiements, dont le titre a perdu 65% en quatre ans. -
Revolut, un modèle bancaire singulier et valorisé à prix d'or
Même dans l'univers des fintechs, Revolut reste à part en raison de la structure de ses revenus et de son bilan. Alors que le groupe envisage une entrée en Bourse, mais pas avant 2028, et caresse l'espoir d'une capitalisation de 200 milliards de dollars, les analystes de JPMorgan viennent de disséquer le modèle économique de la néobanque la mieux valorisée et la plus crainte d'Europe. -
Bit2Me lance une offre pour investir dans des fonds, des ETF et des actions
La plateforme crypto espagnole ambitionne de devenir un hub de gestion de fortune en ligne.
ETF à la Une
State Street IM et Ninety One s'associent pour lancer des ETF actifs
- Atos joue gros avec un refinancement à 1,25 milliard d’euros
- Eric Larchevêque fait machine arrière sur son projet de «bitcoin treasury company»
- Allianz déçoit les attentes en vie-santé
- La crise politique continue de secouer la livre sterling et les taux britanniques
- Le marché primaire de la dette corporate en euros profite des beaux jours
Contenu de nos partenaires
-
EsbrouffeTaxes : beaucoup de bruit pour un maigre butin
Taxes sur les petits colis, les hauts revenus, sur les yachts, les pétroliers... Elles devaient renflouer les caisses de l'Etat. Mais au final, il n'y pas eu grand chose à en tirer -
EditorialBolloré, le cinéma et le festival d’hypocrisie
S’il est vrai que le cinéma peut, mieux que d’autres arts majeurs, vendre du rêve et stimuler l’imaginaire, il faudrait tout de même une bonne dose de crédulité pour adhérer à un scénario sur un méchant milliardaire (forcément très-très méchant) qui se ferait copieusement insulter mais continuerait sans broncher à abreuver de millions d’euros ceux qui le piétinent. Et il faudrait une bonne dose de naïveté pour s’étonner que les gentils artistes (forcément très-très gentils) qui veulent mobiliser contre le « crypto-fascisme » de leur financeur, se retrouvent privés de l’argent du réactionnaire honni. -
MacroG7 Finances à Paris : des grandes ambitions, mais sans leviers d'actions
La France veut réduire les déséquilibres mondiaux grâce à la coopération des grandes démocraties, à l’heure où s’aggravent les tensions géopolitiques et commerciales