La Banque de France dresse la feuille de route des banques dans la tokenisation
La marche à suivre est désormais connue. Le Groupe Infrastructures de Place (GIP) mené par la Banque de France, avec les acteurs bancaires et financiers de la place parisienne, a mené des travaux de novembre 2025 à février 2026 sur les actifs de règlement tokenisés. En fin de semaine dernière, il a livré son rapport, avec ses recommandations.
Deux priorités en ressortent : l'établissement d’un dialogue européen pour une approche commune des dépôts tokenisés, en particulier l’organisation des flux interbancaires ainsi que l’inclusion dans ce dialogue des autres communautés bancaires (infrastructures de marché, entreprises, distributeurs).
Tokeniser la monnaie commerciale
La première étape concerne donc les établissements bancaires. Le rapport encourage le développement d’une offre de monnaie bancaire tokenisée. Deux formes sont possibles : les dépôts tokenisés (tokenised deposit) ou les jetons de dépôts (deposit tokens). Le premier correspond à la représentation numérique des dépôts bancaires sur la blockchain. Les premières solutions proposées ont été déployées sur des blockchain privées et permissionnées, les blockchains publiques étant à ce stade écartées.
Autre possibilité, le jeton de dépôt. A l’inverse, cet actif est natif de la blockchain, et il représente directement les dépôts de particuliers ou d’institutions sous forme de jetons. Il peut être directement échangé contre un jeton d’une autre banque, alors que le transfert de dépôts tokenisés nécessite un règlement, géré et interopéré via une banque centrale.
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Le groupe de travail recommande d'établir « une doctrine juridique claire » sur ces deux nouveaux actifs, notamment pour préserver l’unicité de la monnaie et développer une vision fonctionnelle des dépôts tokenisés et des jetons de dépôts au passif des banques et à l’actif des clients.
« Il sera important de comprendre l’interopérabilité entre dépôts classiques, dépôts tokenisés (tokenised deposits) et éventuels jetons de dépôts (deposit tokens) en termes de fongibilité et de processus opérationnels. Les schémas comptables devront également être développés sur une base commune », précise le rapport.
« Approche bancaire conjointe sur les stablecoins »
Seconde étape : le déploiement des stablecoins en euros. Ces jetons numériques émis sur différentes blockchains par des acteurs privés et adossés à des monnaies légales sont aujourd’hui dominés majoritairement par des acteurs américains, Circle et Tether.
En Europe, plusieurs initiatives de banques émergent, notamment le consortium de banques européennes Qivalis, qui regroupe aujourd’hui douze banques. Il devrait émettre un stablecoin adossé à l’euro au second semestre 2026.
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Le groupe de travail recommande de soutenir « une approche bancaire conjointe sous la forme d’un consortium ou d’un réseau de partenaires/distributeurs », ainsi que la finalisation du cadre réglementaire des stablecoins. « Les membres du groupe n’ont pas écarté la possibilité d’avoir une pluralité de stablecoins, mais répondant à des cas d’usage bien définis ; une spécialisation par devise est également jugée opportune », précise par ailleurs le rapport.
Un troisième axe de travail pour les acteurs de la place porte sur l’adaptation des infrastructures aux offres d’actifs de règlement tokenisés. Le développement d’un schéma d’interopérabilité avec Pontes est notamment recommandé. Lancée en juillet, l’initiative Pontes vise à permettre le règlement des transactions en monnaie de banque centrale via la DLT, l’euro numérique de gros, dont le lancement est prévu pour le troisième trimestre 2025.
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