KissKissBankBank élit domicile chez La Banque Postale
Difficile de rester seul si tout le monde pactise avec le camp d’en face. Le pionnier français du financement participatif, KissKissBankBank & Co (KKBB), éditeur des plate-formes KissKissBankBank (dons contre dons pour projets créatifs), Hellomerci (prêts gratuits entre particuliers) et Lendopolis (prêts aux PME), a annoncé hier son rachat par La Banque Postale, son partenaire historique, pour un montant non dévoilé. Selon une source proche du dossier, La Banque Postale a investi 50 millions d’euros, soit environ autant que le Crédit Mutuel Arkéa avait versé pour Leetchifin 2015.
Depuis sa création en 2009, KKBB a levé 7,3 millions d’euros, et aurait dû réaliser un quatrième tour de table en fin d’année. Mais cela aurait fait perdre la minorité de blocage aux trois fondateurs, qui détiennent aujourd’hui 35%. «Nos concurrents principaux sont ultra-bancarisés», souligne le co-fondateur et président Vincent Ricordeau : Ulule a le soutien de BNP Paribas et de la Maif, Leetchi celui de Crédit Mutuel Arkéa, Lendix celui de Bpifrance. «Ils peuvent être plus ambitieux car ils n’ont pas une problématique de refinancement tous les 24 mois. Mais pour un entrepreneur, passer son bébé à un groupe est un compromis». Avec son ADN populaire et associatif, La Banque Postale est le seul établissement du marché avec qui la start-up se voyait s’associer.
Pour La Banque Postale justement, «cette acquisition est une étape dans la création d’un écosystème de finance digitale», commente Olivier Lévy-Barouch, directeur adjoint de la stratégie et du développement. L'écosystème sera constitué de KKBB, d’un incubateur dédié aux fintech jouant le rôle de laboratoire d’innovation, et de la banque mobile dont le lancement est prévu à l’automne 2018. «Les équipes de KKBB et de la banque mobile travaillent déjà ensemble, ajoute le dirigeant. Nous avons identifié des synergies».
En octobre dernier, La Banque Postale avait pris 10% de la start-up de crédit aux PME Wesharebonds et noué avec elle un partenariat commercial. Celui-ci «n’est pas remis en cause», assure Olivier Lévy-Barouch, estimant l’offre de Wesharebonds complémentaire avec celle de Lendopolis.
KKBB a réalisé environ 2,7 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2016, et son résultat est négatif depuis 2014 avec le lancement de Hellomerci et Lendopolis. L’objectif est de revenir à l’équilibre en 2019-2020. Face à des concurrents américains trop gros, la start-up a abandonné ses premières ambitions internationales.
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