Bruxelles s’attaque aux barrières à l’entrée des fintech
Chacun fourbit ses armes avant l’entrée en application de la deuxième directive sur les services de paiement (DSP2) en janvier 2018. La Commission européenne vient de lancer une vaste enquête sur le respect de cette directive donnant le droit à des tiers d’accéder aux informations des comptes bancaires, à condition d’avoir l’accord des clients. Le 3 octobre, l’institution a organisé des inspections surprises dans des établissements financiers et leurs associations de place, au sein de «plusieurs Etats membres», selon un communiqué publié vendredi dernier. Les inspecteurs de la Commission ont débarqué en compagnie de membres des autorités nationales de la concurrence de chaque pays visé.
Hier, l’association bancaire des Pays-Bas et celle de Pologne ont confirmé avoir reçu la visite des régulateurs, après avoir été citées par le Financial Times. La Fédération bancaire française (FBF) dit ne pas avoir été concernée.
Les groupes établis trainent les pieds
Les banques «pourraient s’être engagées dans des pratiques anticoncurrentielles en violation des règles européennes antitrust», s’inquiète la Commission. «Ces pratiques supposées visent à exclure les fournisseurs de services financiers non détenus par des banques en les empêchant d’accéder aux données des comptes des clients, en dépit de l’accord donné par [ces derniers]».
A partir du 13 janvier 2018, la DSP2 imposera aux prêteurs de l’Union européenne de fournir aux prestataires externes un accès régulier aux comptes et aux données de leurs clients en commun. Cette réforme encourage la concurrence en aidant les start-up de la fintech comme les géants parmi lesquels Apple et Google.
Cependant, les nouveaux entrants reprochent aux établissements traditionnels de traîner les pieds lorsqu’ils reçoivent des requêtes d’accès à leurs données. En face, les groupes établis se plaignent que le partage de données leur impose des modifications coûteuses de leurs systèmes informatiques. L’argument de la sécurité est presque toujours employé pour mettre en garde contre les dangers du partage de données.
«Le système bancaire polonais est techniquement avancé, amical et ouvert, mais il est aussi très bien sécurisé», a ainsi déclaré hier à Bloomberg Krzysztof Pietraszkiewicz, le président de l’association des banques polonaises. «Donner accès aux informations des clients à des parties tierces requiert un audit préalable et nous n’accepterons aucune solution de raccourci qui nuirait à la sécurité des dépôts».
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