Wind veut diminuer la marge appliquée à son refinancement bancaire
Le succès de l’opération de restructuration de dette menée par Wind va lui permettre de bénéficier de conditions plus favorables sur le volet bancaire de son refinancement. En voie d’être cédé au russe Vimpelcom par son actuel propriétaire l’homme d’affaires Naguib Sawiris, l’opérateur de télécoms transalpin noté en catégorie spéculative est en effet parvenu à refinancer 6,6 milliards d’euros de dette bancaire et obligataire, un montant bien supérieur aux 5,3 milliards attendus voici deux semaines. En outre, l’ensemble du refinancement restera valide même en cas d’échec de la fusion prévue avec Vimpelcom.
Le refinancement bancaire de 3,93 milliards d’euros bouclé en fin de semaine dernière a été globalement sursouscrit, «plus de deux fois en ce qui concerne la partie réservée aux fonds d’investissement», selon Thomson Reuters LPC. La tranche B à maturité 2017 de son prêt à terme a donc été augmentée de 500 millions d’euros pour atteindre 2 milliards. La société en a profité pour faire pression sur ses prêteurs non bancaires pour qu’ils acceptent une marge de crédit inférieure à celle initialement prévue, selon la technique de «reverse flex» souvent appliquée pour les crédits LBO en cas de forte demande.
Selon des sources bancaires proches du dossier, Wind a demandé une baisse de 25 points de base sur le spread appliqué à ce prêt qui ressortira alors à 425 points de base au-dessus de l’Euribor. Cette requête, qui a de fortes chances d’aboutir, «devrait conduire à repousser à la semaine prochaine l’allocation définitive de ce prêt auprès des institutionnels», rapporte Thomson Reuters LCP, alors que celle-ci était prévue pour hier soir.
En relevant la part bancaire de son refinancement, le groupe italien a par ailleurs limité à 2,7 milliards d’euros la taille de son émission obligataire high yield qui va lui permettre de rembourser par anticipation de la dette senior à maturité 2015 et un emprunt second lien à échéance 2014. La nouvelle émission, coordonnée par Credit Suisse et Deutsche Bank, est composée d’une tranche de 1,75 milliard d’euros assortie d’un coupon de 7,37 % et d’une seconde tranche de 1,3 milliard de dollars à 7,25 %. Si ces niveaux de rémunération restent inférieurs au coût moyen de sa dette de 8,2% au 30 juin, la proportion plus importante du refinancement bancaire abaissera davantage son coût moyen pondéré du capital.
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