Volkswagen réfléchit à d’autres formes de rapprochement avec Porsche
Près de deux ans après avoir annoncé leurs fiançailles, Volkswagen (VW) et Porsche reportent la finalisation de leur rapprochement, attendu auparavant avant la fin de l’année, tout en restant déterminés à «créer un groupe automobile intégré» et «convaincus que cela aura lieu». Sur cette annonce, l’action Porsche a dévissé de près de 14%.
VW invoque toujours des obstacles juridiques – annoncés en février dernier – rendant «actuellement impossible de quantifier les risques économiques d’une fusion et donc d’effectuer la valorisation de Porsche, nécessaire pour déterminer la parité d’échange». Sont toujours en cause les différentes procédures en cours pour manipulation de marché, en Allemagne et aux Etats-Unis. La cour de justice de Braunschweig a confirmé vendredi qu’une plainte avait été déposée par des investisseurs, réclamant 1,1 milliard d’euros d’indemnisation.
«Quels investisseurs croyaient encore à une fusion cette année ?», souligne un analyste. Aussi, Volkswagen va étudier d’autres possibilités de réaliser le rapprochement en dehors de la structure d’options d’achat et de vente de VW et Porsche SE sur les 50,1% restants du capital de Porsche AG (filiale opérationnelle de Porsche SE) prévue dans l’accord d’août 2009. Le groupe présentera les résultats de cet examen à son conseil de surveillance avant la fin de l’année.
«Nous ne voyons pas d’autres options réalistes pour une fusion, explique Credit Suisse. A notre avis, VW et Porsche feraient mieux de prolonger l’accord-cadre actuel de fusion et d’ajouter que la fusion sera réalisée dès que les risques juridiques se seront réduits». D’ailleurs, «si l’exercice de l’option d’achat sur les 50,1% restants de Porsche AG coûterait plus cher à VW (prix d’exercice 3,9 milliards d’euros) que la fusion avec Porsche SE, cette option […] ne sera pas exercée à court terme, note l’analyse crédit de Natixis. D’ici là, les obstacles à la fusion pourraient avoir été levés».
Du fait du report de la fusion, la réévaluation des options d’achat et de vente - prévus dans l’accord général d’août 2009 - dans les états financiers au 30 septembre devrait conduire «à une contribution nettement positive» dans les comptes de Volkswagen, tandis que Porsche anticipe un «résultat négatif» sur les neuf premiers mois de l’exercice. UniCredit anticipe un gain comptable supérieur au milliard d’euros pour VW.
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