Vodafone résiste mieux que ses concurrents au chausse-trappe européen

Le groupe déprécie de 4 milliards de livres la valeur de ses filiales d’Europe du Sud. Mais il est le seul opérateur européen à pouvoir augmenter son dividende
Olivier Pinaud

Grâce à ses fortes positions en Asie ou en Afrique, Vodafone est parvenu à augmenter de 1,2% son chiffre d’affaires annuel, lors de l’exercice clos fin mars 2012, là où bon nombre de ses concurrents européens ont dû affronter une récession de leur activité. L’opérateur de téléphonie mobile britannique n’est pas pour autant épargné par les difficultés des pays du Sud de l’Europe. Le groupe a ainsi déprécié de 4 milliards de livres (4,9 milliards d’euros) la valeur de ses filiales espagnole, grecque, italienne et portugaise. «La situation est compliquée en Europe», reconnaît Vittorio Colao, même si le directeur général de Vodafone note des gains de parts de marché sur la plupart de ses concurrents locaux.

Les difficultés économiques et sociales dans ces pays incitent les consommateurs à réduire leurs factures de téléphone. En Grèce, le chiffre d’affaires annuel de Vodafone a plié de 5,6% entraînant une baisse de 13% de l’excédent brut opérationnel (Ebitda) de la filiale locale. En Espagne, la chute est encore plus sévère avec un recul de 7% des revenus et de 23% de l’Ebitda. Dans ce pays, qui pèse autant que la Grande-Bretagne dans le compte de résultats, la génération de cash-flow a fondu d’un quart en un an. Mais Vodafone parvient à faire nettement mieux que Telefonica, l’opérateur historique espagnol, dont le chiffre d’affaires a chuté de 18% au premier trimestre 2012 dans ce pays.

Plus que jamais, la direction de Vodafone est donc déterminée à poursuivre sa stratégie d’expansion sur des marchés en croissance, notamment en Inde, où son chiffre d’affaires annuel a progressé de 10,6%, à 4,2 milliards de livres (5,2 milliards d’euros), avec une marge d’Ebitda de 26%, aussi élevée qu’en Espagne. L’opérateur compte également s’appuyer sur la bonne santé de sa filiale américaine Verizon Wireless, détenue à 45%. Cette participation lui a rapporté 4,5 milliards de dollars de dividendes annuels. En les ajoutant aux produits de la cession des 44% de SFR à Vivendi (8,4 milliards d’euros) et des 24% dans le polonais Polkomtel (1 milliard), Vodafone a encaissé en un an 12,9 milliards d’euros.

Résultat, avec 6,1 milliards de livres de cash-flow annuel disponible, Vodafone est le seul opérateur en télécoms européens à pouvoir augmenter son dividende annuel, de 7%, à 6,47 pence, dont 4 pence à titre exceptionnel.

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