Vivendi met fin opportunément à son litige polonais avec Deutsche Telekom

Au moment où il s’apprête à monter au capital de SFR, le groupe va percevoir 1,25 milliard d’euros de l’opérateur allemand
Olivier Pinaud

C’est Noël avant l’heure chez Vivendi. Après plus de dix ans de bataille devant les tribunaux de cinq pays différents, le groupe a mis fin à son litige avec Deutsche Telekom concernant la propriété des titres du troisième opérateur de téléphonie mobile polonais PTC. Le français renonce à faire valoir ses droits et percevra en échange 1,25 milliard d’euros de Deutsche Telekom. Ce dernier sera, une fois l’accord définitivement signé, vraisemblablement au premier semestre 2011, l’unique propriétaire de PTC.

Vivendi avait déboursé 1,8 milliard d’euros en 1999 pour prendre, avec Elektrim, 51 % du capital de PTC. Deutsche Telekom, qui possédait 22% de l’opérateur, estimait que cette opération enfreignait le pacte d’actionnaires qu’il avait conclu avec Elektrim.

La résolution de ce litige décénal n’était plus attendue par le marché. Vivendi lui-même, compte tenu de l’aléa juridique, ne consolidait pas la participation dans PTC. Et sa valeur comptable était nulle. Autant dire que le groupe français ne comptait pas sur cette somme qui, en valeur absolue, permet d’abaisser de 0,2 point le multiple dette sur Ebitda par rapport au niveau de la fin du mois de septembre (1,1 fois). La somme représente 1 euro par action Vivendi.

Ces fonds tombent à point nommé alors que Vivendi devrait racheter dans les prochaines semaines les 44% que détient encore le britannique Vodafone au capital de sa filiale SFR. Le montant est estimé entre 8,9 et 9,7 milliards d’euros, en valeur d’entreprise, par les analystes d’Exane BNP Paribas. Avec les 5,8 milliards de dollars qu’il est sur le point de récupérer de la vente de ses 20% dans l’américain NBCU, le groupe français a d’ores et déjà les moyens de financer sa montée au capital de SFR tout en restant en dessous des limites fixées par S&P pour maintenir sa notation (BBB). Mais il gagnerait en souplesse avec l’afflux de 1,25 milliard d’euros. Selon un analyste, cela lui permettrait de mener de front la montée dans SFR et le rachat des 20% de Lagardère au capital de Canal Plus.

Faute d’avoir trouvé un accord avec Vivendi, Lagardère a décidé d’exercer l’option de mise en Bourse, au printemps 2011, de ses 20% dans la chaîne de télévision cryptée. Sur la base du prix fixé début 2010 lors de la sortie de M6 et de TF1 du capital de Canal Plus, cette participation est estimée à 1,5 milliard d’euros.

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