Vivendi est en première ligne pour profiter du renouveau de l’industrie musicale
Annoncé comme le fossoyeur de l’industrie musicale, le numérique est en train de redonner une nouvelle jeunesse au secteur. Depuis la publication fin août de ses résultats semestriels 2011, qui montraient déjà quelques signes d’amélioration, principalement aux Etats-Unis, Vivendi multiplie les déclarations positives sur sa filiale Universal Music Group (UMG), le numéro un mondial de la musique. Lucian Grainge et Boyd Muir, les dirigeants d’UMG, présidaient d’ailleurs hier à Paris une réunion avec des investisseurs, la première depuis juin 2008.
L’objectif de cette présentation visait évidemment à revenir sur l’annonce du rachat de l’activité musique enregistrée (création, production, commercialisation) d’EMI (L’Agefi du 14 novembre). Mais l’essentiel de la présentation reposait sur la perspective d’une reprise du marché mondial. Entre 2003 et 2010, ce dernier est passé de 23,3 milliards de dollars à 15,9 milliards, soit une chute de 31%. Mais alors qu’en 2003, les ventes numériques étaient proches de zéro, elles pesaient en 2010 près de 30% du marché total, avec un montant de 4,6 milliards de dollars. Aux Etats-Unis, la croissance des ventes d’albums sous format numérique (+19,8% au troisième trimestre 2011) a compensé le déclin du marché des CD (-3,6%). Le point d’équilibre est proche en Grande-Bretagne, estime UMG. Au niveau mondial, il pourrait intervenir fin 2013 début 2014, selon les prévisions de l’industrie.
Dans ce contexte, et pour lutter plus efficacement contre le téléchargement illégal, les éditeurs de musique poussent pour un usage plus massif des plates-formes d’écoute comme Deezer ou Spotify. En Suède, pays d’origine de ce site de musique, 22% de la population utilise les services de Spotify. En France, les plates-formes digitales représentent 17% du marché.
«L’hypothèse d’un retour à une croissance de 1% à 2% de l’industrie musicale aurait un impact positif de plus de 60% sur notre valorisation d’UMG, l’amenant de 2,9 milliards de dollars à 4,8 milliards», calcule Stéphane Beyazian, analyste chez Raymond James. L’effet de levier serait d’autant plus fort que les plans de restructurations menés ces dernières années ont déjà produit leurs effets: malgré un chiffre d’affaires toujours en légère baisse, UMG améliore sa marge opérationnelle au-dessus des 11% et transforme plus de 10% de son chiffre d’affaires en cash-flow.
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