Vivendi convoite toujours SFR malgré sa baisse de régime
Comme le fait perfidement remarquer un analyste, Vivendi n’avait aucun intérêt à communiquer des objectifs ambitieux pour sa filiale SFR. Le groupe de communication a en effet placé le rachat des actionnaires minoritaires de sa filiale de télécoms en haut de ses priorités pour 2011. En annonçant hier que le résultat opérationnel (Ebitda) de SFR pourrait baisser jusqu’à 10% cette année dans la téléphonie mobile, en raison de la concurrence et de la réglementation, le groupe français tente clairement d’orienter le prix de vente à la baisse. Sur un montant total évalué à 9 milliards d’euros, dette comprise, chaque pourcentage de réduction fait gagner des millions d’euros d’économies potentielles.
En face, Vodafone, qui détient le bloc de 44% manquant à Vivendi, connaît parfaitement la réalité des chiffres. Le groupe britannique participe à la gestion de SFR et perçoit chaque année des dividendes, 440 millions d’euros en 2010. Il a donc une idée bien arrêtée de la valeur de son bloc. Hier, Jean-Bernard Lévy, le président du directoire de Vivendi, a refusé de dire si les négociations avaient déjà débuté avec Vodafone.
Quoi qu’il en soit, Vivendi se dit prêt à absorber SFR. La génération de 5,2 milliards d’euros de flux de trésorerie opérationnelle, la cession de la part résiduelle dans NBC Universal (4,325 milliards d’euros au total) et la fin du litige avec Deutsche Telekom sur le polonais PTC (gain de 1,25 milliard), a permis au groupe de se désendetter de 5,7 milliards. En intégrant ces opérations, sa dette nette ajustée s’élève à 3,9 milliards d’euros. Le groupe assure que «ses flux de trésorerie générés par ses activités opérationnelles, ses excédents de trésorerie, ainsi que les fonds disponibles via les lignes de crédit bancaires existantes (5,7 milliards d’euros), seront suffisants pour couvrir les dépenses nécessaires à son exploitation, le service de sa dette, les dividendes, ainsi que ses projets d’investissements financiers, le cas échéant, au cours des 12 prochains mois».
Oddo Securities calcule que l’intégration à 100% de SFR aurait un effet positif «de 17% sur le bénéfice par action ce qui pourrait entraîner un relèvement du dividende». Un point que Jean-Bernard Lévy confirme partiellement. Selon lui, le montant du coupon augmenterait mais le taux de distribution resterait inchangé, à au moins 50% du résultat net ajusté. Pour l’exercice 2010, le groupe versera 1,4 euro par action, comme pour 2009, soit 1,7 milliard d’euros au total.
Plus d'articles du même thème
-
Bridgepoint va acquérir une participation majoritaire dans Batisanté auprès d’IK Partners
Dans cette nouvelle opération autour de l’un des principaux prestataires français de services de sécurité et de mise en conformité des bâtiments, IK Partners cède l'intégralité de ses parts. -
Kraken intègre le stablecoin euro de Société Générale
La banque française assurera elle-même la liquidité de son token en devenant teneur de marché. -
Les cheminots anglais externalisent leur gestion en actions mondiales
Le fonds de pension britannique Railpen vient d’attribuer un mandat de gestion d’un milliard de livres en actions mondiales.
ETF à la Une
Près d’un quart de la collecte d'octobre sur les ETF en Europe s’est dirigé vers les actifs américains
- La Société Générale fait son retour vers les futures
- Les gérants confirment leur confiance dans les marchés actions américains
- 2CRSI n’arrive pas à se remettre d’une attaque d’activiste
- La Société Générale poursuit sur sa lancée avec de nouveaux résultats records
- Le départ de Christine Lagarde dès février 2027 précipite sa succession à la BCE
Contenu de nos partenaires
-
Combien ça coûte ?Pourquoi la question énergétique va nous occuper tout l'hiver
Qu'il s'agisse de chauffage ou de carburants, beaucoup de Français souffrent du poids des factures énergétiques. Cela risque de ne pas s'arranger -
Tsunami bleuMidterms : les démocrates font basculer le Congrès et infligent un revers majeur à Donald Trump
Les Républicains essuient cette nuit l'un de leurs pires échecs électoraux depuis un demi-siècle. Un tsunami bleu emporte la Chambre des représentants et le Sénat des États-Unis, faisant vasciller des bastions rouges dont le Texas et la Caroline du Sud. -
Tic tacPrimaire: Gérard Larcher lance le compte à rebours
Si aucun candidat de la droite et du centre ne s'impose d'ici fin décembre, « il faudra un sursaut en début d'année », prévient le président du Sénat