Vivendi conforte ses liquidités en attendant de dévoiler son plan stratégique

Le groupe de médias a cédé la moitié du solde de sa participation dans Activision Blizzard pour 850 millions de dollars
Antoine Duroyon

Vivendi continue de consolider sa trésorerie. Le groupe français de médias a cédé 41,5 millions d’actions Activision Blizzard, représentant 5,8% du capital de l’éditeur californien de jeux vidéo. Vivendi s’est délesté de la moitié de sa participation pour un montant total de 850 millions de dollars (622 millions d’euros).

Le conglomérat avait conclu en juillet dernier la cession de la majorité de sa participation de 61% dans Activision Blizzard pour 8,2 milliards de dollars. Il a pour objectif de se désengager définitivement de sa participation dans le créateur de Call of Duty et World of Warcraft. Il dispose à cet effet d’une prochaine fenêtre de tir en janvier 2015.

Les derniers mois de Vivendi ont été rythmés par les cessions d’actifs. En plus de l’annonce du projet de rachat de SFR par Altice/Numericable, Vivendi a bouclé le mois dernier la vente de sa participation de 53% dans Maroc Telecom. Ces opérations lui rapportent respectivement 13,5 milliards d’euros et 4,1 milliards d’euros en numéraire.

Compte tenu de mesures de redistribution aux actionnaires totalisant quelque 4,8 milliards d’euros (1,3 milliard sous forme de dividende au titre de l’exercice écoulé et 3,5 milliards ultérieurement) et d’une dette financière nette de 11,2 milliards d’euros, le groupe affichait à la fin du premier trimestre une trésorerie nette pro forma positive de 1,6 milliard d’euros, note CreditSights. Cette position grimpe à environ 2,2 milliards si on y ajoute la dernière opération sur le capital d’Activision Blizzard.

Reste désormais à savoir comment le groupe français compte utiliser cette manne. La piste de la croissance externe est évoquée, avec le numérique et les contenus en ligne de mire. «Une acquisition telle que Dailymotion pourrait permettre au groupe de disposer d’une marque internationale pour poursuivre son développement dans d’autres pays d’Europe, autour d’une plate-forme gratuite/payante», souligne Natixis, qui évoque néanmoins une stratégie potentiellement «risquée et coûteuse» à court/moyen terme.

Des réponses sont attendues après l’assemblée générale prévue le 24 juin. Celle-ci devrait aussi consacrer le changement de gouvernance avec la nomination à la présidence du conseil de surveillance de Vincent Bolloré et celle d’un homme de presse, Arnaud de Puyfontaine, à la direction générale du groupe.

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