Vivarte établit un record en matière de restructuration de dette

Le tribunal de commerce doit valider aujourd’hui l’accord approuvé à l’unanimité des 116 créanciers, qui prévoit d’effacer 2 milliards d’euros de dette
Alexandre Garabedian

Il est des records dont on se passerait volontiers. Vivarte est parvenu hier à obtenir l’accord à l’unanimité de ses 116 créanciers pour l’abandon de 2 milliards d’euros de dette, un montant jamais vu en France pour une société privée. Le dernier LBO d’envergure à être restructuré, celui de Saur en juin 2013, portait sur une réduction de dette de 900 millions. La dette de 2,8 milliards d’euros dont le spécialiste du prêt-à-porter (La Halle, Kookaï…) avait hérité lors de son rachat par Charterhouse en 2007 va être ramenée à 800 millions, soit moins de trois fois l’Ebitda. L’opération s’accompagne d’une injection de fonds de 500 millions.

Le groupe, en perte de vitesse ces dernières années avec un Ebitda divisé par deux, va donc pouvoir se consacrer pleinement à la relance de ses enseignes et notamment de La Halle, sous la houlette de son patron Marc Lelandais. Les fonds Oaktree, Alcentra, GoldenTree et Babson, qui pilotaient le groupe de 12 créanciers ayant élaboré en juin les termes de cet accord, seront les actionnaires de référence. Charterhouse, et les minoritaires Sagard et Chequers, sortent du tour de table. Le tribunal de commerce de Paris, qui a examiné hier le protocole d’accord, doit le valider aujourd’hui.

La restructuration aura mis moins de six mois à aboutir, le temps de la procédure de conciliation menée par Hélène Bourbouloux. La menace d’une procédure de sauvegarde financière accélérée, brandie à l’époque, n’a donc pas eu besoin d’être mise à exécution. Les anciens dirigeants actionnaires, dont Georges Plassat, aujourd’hui chez Carrefour, ont donné leur accord il y a une dizaine de jours, ce qui leur a valu le salut de Vivarte «pour leur pragmatisme responsable» dans un communiqué publié hier. Parmi les créanciers, 4 fonds faisaient encore de la résistance en fin de semaine dernière, selon des proches du dossier: un espagnol et trois français, LFPI, Idinvest et LBO France. La force de persuasion d’Hélène Bourbouloux, qui n’en est pas à son premier ni à son dernier dossier du genre, a fini par payer.

L’opération fait aussi les beaux jours des conseils juridiques et financiers. Rothschild, Lazard, Ashurst et Mayer Brown ont épaulé Vivarte dans les négociations, tandis qu’Houlihan Lokey appuyait les prêteurs. Le cabinet Weil Gotshal a conseillé le comité de coordination (Cocom) des créanciers seniors. Les anciens managers de Vivarte, eux, ont fait appel à Oddo Corporate Finance et au cabinet Depoix-Robain.

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