Vista PE menace la fusion entre Misys et Temenos
Contraint en 2011 à mettre un terme à son processus de vente, faute d’offres suffisamment intéressantes, Misys suscite aujourd’hui les convoitises. Alors que l’éditeur britannique de logiciels pour les métiers de la banque et de la finance a dévoilé le 7 février dernier un projet de fusion avec son concurrent helvétique Temenos, il a reconnu hier avoir été sollicité par le fonds américain Vista Private Equity. Ce dernier, qui a confirmé son intérêt pour Misys, a précisé qu’une offre serait éventuellement déposée une fois terminé l’audit en cours et à condition qu’elle soit soutenue par le conseil d’administration de l’éditeur de logiciels. Le fonds d’investissement a jusqu’au 19 mars pour préciser ses intentions.
Même si le prix de l’offre éventuelle de Vista PE n’est pas dévoilé, cette annonce a provoqué une envolée du cours de l’action Misys à la Bourse de Londres. Il a gagné 6,62% à 330 pence, largement au-delà du prix théorique de 303 pence que faisait ressortir l’offre d’échange de Temenos (4,1 actions Misys pour un titre Temenos), sur la base des cours de vendredi soir, avant la divulgation de l’intérêt de Vista PE. De nombreux analystes avaient fait part de leurs doutes concernant la fusion Misys-Temenos, à la fois sur les modalités financières, et sur ses bénéfices éventuels pour les deux groupes, tous les deux en restructuration. Depuis la divulgation de leurs discussions début février, le cours de Temenos, coté à Zürich, a chuté de 6% et celui de Misys n’avait gagné que 2% à la Bourse de Londres.
Selon le Financial Times, Vista PE pourrait proposer 1,2 milliard de livres pour s’emparer de Misys, soit 360 pence par action. Bryan Garnier estimait lors de l’annonce du projet de fusion avec Temenos que Misys pourrait être valorisé 1,17 milliard de livres (350 pence par action), soit un ratio valeur d’entreprise sur résultat d’exploitation (Ebit) de 11 fois pour 2012 et 9,4 pour 2013. Si elle est confirmée, l’offre de Vista PE pourrait donc mettre à mal le projet de fusion entre Misys et Temeos. Misys est principalement détenu par des investisseurs industriels qui verraient d’un bon œil une offre intégralement payée en numéraire plutôt qu’une fusion par échange de titres, avec les risques de moins-value potentielles que cela comporte lors de la revente des actions reçues dans l’opération.
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