Viadeo joue son avenir sur les promesses du marché chinois
En entrant début juillet à la Bourse de Paris, Viadeo va lever autant voire plus d’argent que les 35 millions d’euros récoltés depuis sa création en 2004. Le challenger français de LinkedIn va émettre un peu plus de 1,7 million d’actions nouvelles, à un prix compris entre 17,10 et 20,90 euros par action, soit un produit brut allant de 29 millions à 35,8 millions d’euros, auquel pourraient s’ajouter 4,7 à 5,7 millions d’euros grâce à l’exercice d’une clause d’extension.
Un montant conséquent pour une entreprise valorisée environ 150 millions d’euros avant cette augmentation de capital, mais nécessaire pour assurer la mise en œuvre du modèle, toujours consommateur de trésorerie.
Conscient de la prédominance mondiale de LinkedIn, Viadeo mise sur une stratégie locale, dans les pays qui ont développé une culture internet propre, à l’image de la Russie ou de la Chine où les sites locaux comme Yandex ou Alibaba sont plus puissants que Google ou Amazon. En achetant Tianji en 2008, le réseau social professionnel est ainsi devenu numéro un en Chine. Il y compte un peu plus de 20 millions de membres, face à une multitude de concurrents locaux. «Nous sommes numéro un en Chine, il faut le rester», lance Dan Serfaty, co-fondateur et PDG de Viadeo. Environ 70% de la levée de fonds servira à renforcer la force commerciale du groupe, en France et en Chine. L’objectif est d’atteindre les 50 millions de membres à moyen terme. De petites acquisitions ne sont pas exclues. Dan Serfaty ne veut pas s’engager sur le seuil à partir duquel Tianji basculera dans les profits. L’an dernier, le site chinois a perdu 5,8 millions d’euros et a fortement contribué à la consommation de 13,5 millions d’euros de trésorerie.
S’il venait à conforter et à monétiser sa position de numéro en Chine, Viadeo deviendrait une cible pour un groupe comme LinkedIn qui compte moins de 5 millions d’utilisateurs dans ce pays. Avec une capitalisation boursière théorique de 222 millions d’euros en haut de fourchette lors de son IPO, Viadeo est quasiment 100 fois plus petit que le site américain.
L’opération offrirait une porte de sortie aux fonds de capital risque qui ont financé Viadeo depuis sa création. Après l’IPO, ils détiendront un peu plus de 51% du capital, loin devant les 5% des deux fondateurs. L’IPO est dirigée par Jefferies et la Société Générale, avec Oddo en co-chef de file et Allegra Finance comme conseil de la société.
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