Veolia tourne le dos aux années Proglio pour accroître sa rentabilité
«Nous aurons un groupe plus petit dans un an, mais plus rentable, plus concentré, plus réactif.» Le PDG de Veolia Environnement, Antoine Frérot, définit ainsi le futur visage du groupe de services aux collectivités après sa transformation. Une transformation indispensable, alors que Veolia vient de passer 838 millions d’euros de dépréciations d’actifs et de provisions dans ses comptes semestriels (principalement en Italie, au Maroc et aux Etats-Unis), et de publier une perte nette de 67 millions.
Présent dans 77 pays, à la suite d’une politique de croissance active ces dernières années sous la présidence d’Henri Proglio, Veolia se recentrera sur moins de 40 pays dès la fin 2013. Toutefois, ce recentrage «concernera moins de 10% du chiffre d’affaires actuel», tempère Antoine Frérot, rappelant que huit pays pèsent 79% des ventes du groupe. Veolia sortira du transport au Maroc, de la propreté en Egypte, de l’activité Marine Services aux Etats-Unis, mais aussi en Europe du Sud, notamment en Italie.
Alors que le résultat opérationnel récurrent (-10% hors Veolia Transdev à 1 milliard d’euros sur le semestre) n’augmente pas aussi vite que le chiffre d’affaires (+15,5% à 17,2 milliards), Veolia confirme son plan d’efficacité annuel d’au moins 250 millions d’euros, qui «compensera en grande partie la pression sur les prix». Il lance un programme de réductions de coûts supplémentaire, d’au moins 150 millions d’euros sur le résultat opérationnel 2013, et de 250 à 300 millions en 2015. Ce programme s’inscrit dans le cadre du «Plan convergence», par lequel le groupe compte aussi supprimer un niveau de structure dès 2011, et réduire le nombre de sièges. Les coûts de structure, de 3 milliards d’euros, seront réduits de 5 à 10%. Denis Gasquet, patron de la Propreté quitte ses fonctions pour mettre en place ce plan, dont les détails seront dévoilés début décembre lors d’une journée investisseurs.
«La lourde restructuration annoncée nettoyant les erreurs et les inerties de l’héritage du précédent management est un élément positif», relève Raymond James. Pourtant, les investisseurs n’ont pas été rassurés. L’action a encore perdu 18,9% hier, chutant de près de 34% depuis l’avertissement de la semaine dernière. «Nous pensons que les investisseurs vont rester prudents sur Veolia puisque le groupe n’a pas indiqué de guidances au-delà de 2011», note Aurel. De plus, Veolia promet seulement de maintenir un taux de distribution de «plus de 50%» du résultat net récurrent cette année, sans s’engager sur un maintien du dividende à 1,21 euro.
Plus d'articles du même thème
-
Le Royaume-Uni va durcir les règles applicables aux fonds monétaires
Le gouvernement britannique introduira de nouvelles orientations pour les fonds monétaires afin de répondre aux demandes de rachats en période de stress. Une nouvelle législation dont les spécificités techniques seront prochainement apportées par la Financial Conduct Authority, le régulateur local. -
Schroders pourrait se séparer de sa filiale en Chine
Le gestionnaire d’actifs britannique avait obtenu l’autorisation de Pékin pour lancer cette filiale en 2023. -
Les taux américains atteignent leur plus haut niveau depuis un an
Les marchés ont signifié leur déception vendredi après la visite à Pékin du président américain Donald Trump, dont ils espéraient une issue au blocage du détroit d’Ormuz. Entre la hausse des cours du pétrole et les possibles réactions des banques centrales, ou le risque de coûts budgétaires pour les Trésors aux Etats-Unis comme dans de nombreux autres pays, les taux ont grimpé à des plus hauts depuis un an.
ETF à la Une
Franklin Templeton dévoile quatre ETF sectoriels américains
- BPCE, Crédit Agricole SA et le Crédit Mutuel comptent 161 banquiers millionnaires
- Atos joue gros avec un refinancement à 1,25 milliard d’euros
- BofA clame sa prudence sur Renault et Stellantis
- Eric Larchevêque fait machine arrière sur son projet de «bitcoin treasury company»
- Wero pousse les feux sur son application
Contenu de nos partenaires
-
Changement d'èreAu sommet de la Fed, Kevin Warsh sur une ligne de crête, coincé entre Trump et réalité économique
Choisi par Donald Trump, qui souhaite infléchir les taux directeurs malgré l’envol de l’inflation, le nouveau patron de la banque centrale américaine disposera de marges de manœuvre restreintes -
PansementImmobilier : le gouvernement cherche la parade pour lutter contre les squats
Le projet de loi Ripost du ministre de l’Intérieur, en discussion la semaine prochaine au Sénat, veut combler le vide juridique concernant les squats dans les locations touristiques. Un bon début -
Pénuries de médicaments : l'UE en passe d'adopter une nouvelle loi pour réduire sa dépendance à l'Asie
Un accord a été scellé cette semaine pour garantir l'accès aux médicaments les plus vitaux. Le texte veut inciter les entreprises à produire en Europe pour contourner les problèmes de fabrication à l'étranger, qui génèrent la moitié des pénuries