Vallourec veut enfin profiter des investissements «exceptionnels» menés depuis trois ans

Le groupe a investi 2,6 milliards d’euros en trois ans pour mieux se positionner auprès des compagnies pétrolières et gazières en Amérique
Olivier Pinaud

La direction de Vallourec est vaccinée. Après avoir été contrainte l’an dernier d’abaisser par deux fois les objectifs financiers qu’elle avait annoncés en début d’exercice, aucune prévision chiffrée n’a été fournie pour 2013. Pour autant, Philippe Crouzet, le président du directoire du fabricant de tubes en acier pour l’industrie pétrolière, entend bien commencer à profiter des investissements «exceptionnels pour le groupe» consentis depuis 2010. En trois ans, Vallourec a investi près de 2,6 milliards d’euros, plus que son cash flow opérationnel cumulé (2 milliards), notamment dans la construction de deux nouvelles usines, l’une au Brésil, l’autre aux Etats-Unis. Le groupe n’avait pas construit de nouveau laminoir depuis 1974.

Ces deux unités, qui portent la capacité de production du groupe à 2,9 millions de tonnes, contre 2,3 millions de tonnes auparavant, visent à répondre à la demande des compagnies pétrolières ou gazières qui accroissent fortement depuis plusieurs trimestres leurs investissements dans l’exploration, notamment les hydrocarbures de schistes. Déjà, en 2012, Vallourec a dégagé un chiffre d’affaires record dans les équipements pour l’industrie de l’énergie avec 3,2 milliards d’euros, contre 2,8 milliards en 2011. La montée en puissance de l’usine américaine doit lui permettre d’atteindre le point d’équilibre d’exploitation dans le courant du premier semestre 2013 et de dégager un léger bénéfice au second semestre. L’unité brésilienne restera déficitaire cette année à hauteur d’environ 40 millions d’euros.

Si l’incertitude demeure sur le rythme d’accélération de l’activité, Vallourec doit profiter mécaniquement dans les prochains mois du retour à la normale de ses investissements. Selon le directeur financier, Olivier Mallet, les investissements tomberont à 650 millions d’euros en 2013 et reviendront autour de 450 millions d’euros en 2015. De quoi contribuer à améliorer le cash flow libre et diminuer la dette qui a eu tendance à s’épaissir ces dernières années pour financer les investissements. Elle s’élevait fin 2012 à 1,6 milliard d’euros, soit 31% des fonds propres, contre 1,2 milliard fin 2011 (23%).

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