« Vallourec envisage de diversifier ses sources de financement »
L’Agefi: Quelle est l’orientation de la demande sur vos principaux marchés en cette fin d’année ?
Olivier Mallet: Stimulé par l’essor des forages non conventionnels, le rebond du secteur pétrolier et gazier (60% de nos débouchés en incluant la pétrochimie) permet à nos usines de fonctionner à pleine capacité sur le continent américain, et à 90% en Europe. On constate une reprise importante aux Etats-Unis, tandis qu’au Brésil nous récoltons les fruits de notre coopération avec Petrobras qui a engagé d’importants investissements dans l’offshore profond. Dans l’énergie électrique (environ 15% des ventes), malgré le report de certains projets de centrales thermiques, nous tirons parti de la renaissance du nucléaire en Europe et aux Etats-Unis, mais surtout du développement du parc de la Chine, à l’origine de 24 nouvelles unités sur un total de 28 centrales nucléaires actuellement en construction dans le monde. Notre carnet de commandes est donc plein jusqu’en 2013 sur ce segment. Dans l’automobile et la construction mécanique, nous bénéficions de la reprise des exportations de l’Allemagne où nous sommes bien implantés, ainsi que du dynamisme de l’économie du Brésil. Nous sommes dans ce pays le seul producteur de tubes sans soudure et intégrons l’ensemble de la filière de production.
Anticipez-vous un maintien de vos marges ?
Notre marge brute d’exploitation pour le second semestre 2010 devrait être proche des 20,6% du premier semestre dans un environnement de prix globalement stabilisé. Il est à noter que nous avions su adapter notre base de coûts à la forte chute des volumes enregistrée en 2009. Hormis une sensibilité à la fluctuation du cours des matières premières, nous sommes également exposés aux variations de change. Il s’agit d’un simple effet de conversion sur le real, tandis que nous enregistrons également un effet de transaction sur le dollar, puisque nous facturons environ 20% de nos ventes dans cette devise à partir de coûts en euros. Nous pratiquons toutefois une politique de couverture dès la prise de commandes, ce qui nous protège partiellement de ce risque.
Quelle est votre politique d’investissements ?
Si nos investissements industriels représentent sur longue période en moyenne 5% de notre chiffre d’affaires, ils devraient atteindre 900 millions d’euros pour l’ensemble de 2010 et être un peu moins élevés l’an prochain. Nous n’envisageons pas d’investissements financiers autres que de taille moyenne à l’heure actuelle. Aux Etats-Unis, l’essor des forages non conventionnels conduit à utiliser des tubes «premium» à haute valeur ajoutée et de plus petit diamètre. Nous allons donc agrandir d’ici à 2012 notre site de production dans l’Ohio, ce qui nous évitera en outre d’avoir à importer des tubes fabriqués en Europe. Au Brésil, nous allons parachever début 2011 un investissement dans une usine intégrée dans le cadre d’une coentreprise avec Sumitomo Metal. Sur le seul troisième trimestre, nous avons annoncé trois investissements en Chine totalisant près de 300 millions d’euros, pour accompagner la croissance du pays dans l’électricité et les hydrocarbures.
Comment gérez-vous votre dette ?
Avec un endettement net de 139 millions d’euros à fin septembre, notre ratio de dette nette sur capitaux propres est de seulement 3%. Nous disposons par ailleurs de lignes de crédit confirmées non tirées d’environ 1,1 milliard d’euros au total, avec des échéances s’étalant entre 2012 et 2013. Si nous n’avons pas eu recours au marché obligataire jusqu’à présent, nous réfléchissons à diversifier nos sources de financement et à rallonger encore la maturité de notre dette. Bien que nous ne disposions pas à l’heure actuelle d’une notation de crédit, nous serons donc attentifs à garder une structure financière compatible avec une note élevée en catégorie investissement.
Etes-vous satisfait de la structure de votre actionnariat ?
Le niveau de notre flottant est effectivement élevé, à environ 85% du capital, ce qui n’est pas une situation anormale. Le groupe a les moyens de mettre en œuvre sa stratégie et le risque d’une prise de contrôle nous semble par ailleurs faible compte tenu de la concentration déjà importante de notre secteur. Le groupe Bolloré, qui détient actuellement une participation de 5,2%, dispose d’une option de vente l’autorisant à en céder les deux tiers en mai 2011. Notre deuxième actionnaire est le FSI, qui possède 5% du capital depuis février dernier. Nos collaborateurs contrôlent enfin plus de 3% du capital, grâce notamment à un programme mis en place au cours des trois dernières années. Une représentante des salariés actionnaires vient d’ailleurs d’être cooptée pour entrer au conseil de surveillance.
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