Vallourec écarte le spectre d’une augmentation de capital
Alors que son bilan nourrissait toutes les inquiétudes, Vallourec a communiqué des éléments rassurants à l’occasion de la publication de ses résultats 2018 hier après Bourse. Le fabricant de tubes en acier sans soudure exclut une augmentation de capital en 2019, contrairement à ce que craignait le marché en fin d’année dernière.
«Notre position de liquidité est forte – elle a été constituée à dessein –, nos résultats progressent à un rythme rapide et nous n’avons aucune grosse maturité de dette dans l’immédiat grâce à l’extension des maturités bancaires à 2021», a précisé Olivier Mallet, le directeur financier de Vallourec, en conférence téléphonique. Le groupe a en effet annoncé l’extension à février 2021 de la maturité de 600 millions d’euros de lignes bancaires dues en 2020 ; cette extension portera le total pour cette année-là à 1,7 milliard. Il lui reste d’ici là des échéances plus faibles : 100 millions en 2019 et 300 millions en 2020. Concernant la dette obligataire, une tranche exigible en août 2019 avait été refinancée en avril dernier par une émission de 400 millions d’euros.
Fin 2018, le groupe disposait d’un montant de liquidités de 2,9 milliards d’euros au total, dont 740 millions de trésorerie et 2,15 milliards de facilités à long terme non tirées. Avec une dette nette de 2,06 milliards, il affichait un ratio d’endettement net ajusté de 72% au 31 décembre 2018, alors que le plafond prévu dans ses contrats de crédit est fixé à 100%. Il ajoute que ce covenant sera respecté fin 2019 compte tenu des tendances de marché actuelles et de ses objectifs.
Cession d’activités dédiées aux centrales à charbon
Vallourec compte également sur la progression de ses résultats pour consolider sa situation. Le groupe prévoit de réaliser 200 millions d’euros d’économies brutes d’ici à la fin de l’année 2020 ; il a en effet déjà dépassé son objectif de 400 millions fixé pour la période 2016-20 : elles ont atteint 445 millions à fin 2018. En Allemagne, Vallourec prévoit de supprimer environ 600 postes (sur un total de 3.400). Au Brésil, il concentrera ses efforts sur la productivité, les achats et la gestion des stocks. Il a par ailleurs lancé le processus de cession de ses activités dédiées aux centrales conventionnelles au charbon, incluant les usines de Reisholz (Allemagne) et VCHA (Chine), en déclin.
La société prévoit la poursuite de l’amélioration de son flux de trésorerie disponible. Si ce dernier s’est creusé de 71 millions en 2018 à -494 millions d’euros, elle souligne que la dynamique s’est inversée au dernier trimestre : le free cash flow est repassé dans le vert à 76 millions, contre -26 millions un an plus tôt. «Nous continuerons à augmenter le free cash flow par l’augmentation de l’Ebitda, la baisse en nombre de jours du BFR et en maintenant les investissements industriels à un niveau raisonnable de 180 millions d’euros», a déclaré le président du directoire Philippe Crouzet. L’Ebitda a atteint 150 millions en 2018, contre seulement 2 millions en 2017.
Alors qu’elle avait dégradé d’un cran en novembre dernier la note de Vallourec (à «B-» avec perspective négative), S&P Global Ratings a reconnu le redressement de la société. «Les résultats du quatrième trimestre réduisent quelque peu la pression exercée sur la note du groupe. La dynamique positive […] devrait se poursuivre au premier semestre 2019», écrit l’agence de notation. L’extension des lignes bancaires a constitué un «développement important et positif», souligne S&P.
En 2018, le chiffre d’affaires a progressé de 11% à taux de change constants à 3,92 milliards d’euros, grâce aux marchés pétroliers et pétrochimiques, en particulier en Amérique du Nord.
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