Vallourec aura du mal à renouer avec la croissance d’ici à fin 2015
Déjà fragilisée par la perspective de sa sortie du CAC 40 à compter du 23 juin, l’action Vallourec a chuté hier de 11,3% à 35 euros à la suite de l’avertissement émis sur les bénéfices de l’exercice en cours, principalement en raison du Brésil. Le fabricant de tubes sans soudure prévoit désormais un repli annuel de 10% de son excédent brut d’exploitation (EBE) à environ 830 millions d’euros, contre une stabilité voire une progression modérée attendue jusqu’ici. L’objectif avait même été confirmé devant les actionnaires lors de l’assemblée générale du 28 mai.
«Après quatre avertissements majeurs sur les bénéfices en quatre ans, dont deux au cours des neuf derniers mois, le marché va probablement se montrer prudent vis-à-vis du titre à l’avenir», pronostique le bureau d’analyse de Credit Suisse. La déception des investisseurs a été d’autant plus forte que Vallourec anticipait début mai une hausse de ses livraisons à Petrobras, son premier client, dès le deuxième trimestre 2014. Or le pétrolier brésilien, dont la situation de trésorerie est tendue, a récemment décidé de puiser dans ses stocks jusqu’à la fin de cette année afin de poursuivre son programme de forage, sans recourir à de nouvelles commandes.
L’impact négatif sur l’EBE annuel de Vallourec, de l’ordre de 60 millions d’euros, sera d’autant plus important qu’il s’agit «de tubes premium fortement margés issus du site historique du groupe au Brésil», commentent les analystes d’Oddo Securities. Ils estiment à 20 millions d’euros le manque à gagner supplémentaire lié à la faiblesse du marché automobile brésilien et à celle des prix du minerai de fer, le déstockage pratiqué par la compagnie Saudi Aramco ayant un effet négatif équivalent.
La direction de Vallourec juge que les ventes à Petrobras se normaliseront progressivement. Mais la baisse des commandes constatée par ailleurs en Europe et au Moyen-Orient fera sentir ses effets «jusqu’à la fin du premier semestre 2015». Cette faible visibilité sur les résultats du groupe est susceptible de perdurer car la moindre croissance des investissements dans l’exploration et la production d’hydrocarbures depuis 2012 «se traduit pour les compagnies pétrolières par plus de vigilance et d’exigence au détriment des fournisseurs», relève Oddo Securities.
Le retour à meilleure fortune pourrait donc prendre du temps. De quoi renforcer la pression sur la direction alors que le cours de Bourse a chuté de 57% en trois ans.
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