Uniper espère trouver son salut dans une nationalisation
Le groupe allemand d'énergie Uniper, en grande difficulté financière depuis l’envolée des prix du gaz, étudie désormais plusieurs options avec le gouvernement allemand, a-t-il déclaré mercredi. Y compris celle d’une augmentation de la participation de l’Etat.
De fait, le gouvernement allemand envisagerait de porter la part de l’Etat au capital à plus de 50%, affirmait l’agence Bloomberg mardi matin. Le ministère de l’Economie n’a pas commenté ces informations, déclarant qu’il souhaitait que les discussions en cours aboutissent à un résultat positif. Mais déjà en juillet dernier, le PDG d’Uniper, Klaus-Dieter Maubach, avait évoqué la possibilité que le gouvernement finisse par détenir plus de 50% de l’entreprise.
De son côté, le groupe finlandais Fortum, premier actionnaire d’Uniper, a dit qu’il poursuivait ses discussions avec le gouvernement allemand. «Les parties étudient des solutions alternatives, entre autres une augmentation directe du capital qui se traduirait par une participation nettement majoritaire de l’Etat allemand», a expliqué Uniper. Selon les analystes de Bernstein, «une injection de capital supplémentaire de 4,5 milliards d’euros pourrait être nécessaire». Ce qui porterait la participation de Berlin à 88% et diluerait Fortum à 8% contre 78%.
Le cours de Bourse d’Uniper a accusé le coup, clôturant en baisse de 18%, à 3,98 euros l’action, à un nouveau plus bas historique. Uniper a perdu plus de 90% de sa valeur depuis janvier, ramenant la capitalisation du groupe à moins de 2 milliards d’euros.
12,3 milliards d’euros de perte nette
Déjà en juillet, Berlin avait annoncé que l’Etat prendrait 30% du capital d’Uniper, premier importateur allemand de gaz russe, dans le cadre d’un plan de sauvetage de 15 milliards d’euros visant à lui éviter une cessation de paiement. Mais Uniper avait demandé plus d’aide à l’Etat en août, portant la facture de son renflouement à 19 milliards d’euros, une enveloppe déjà épuisée. Alors que les comptes semestriels du groupe publiés le 17 août dernier étaient alarmants : 12,3 milliards d’euros de perte nette, incluant des dépréciations d’actifs de 2,7 milliards d’euros liées à l’annulation du projet de gazoduc Nord Stream 2.
Alors qu’il doit acheter du gaz à un prix élevé sur les marchés pour respecter ses obligations contractuelles, il devra assumer seul jusqu’au 30 septembre les surcoûts ainsi générés, avant de pouvoir répercuter 90% de ces charges supplémentaires à sa clientèle de particuliers et d’entreprises.
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