Une grande volatilité initiale est attendue sur les deux actions Fiat
C’est aujourd’hui que vont être cotées, pour la première fois, les deux actions nées de la scission de Fiat, opération qui constitue la plus vaste réorganisation engagée par le groupe industriel italien en 111 ans d’existence. Son administrateur délégué, Sergio Marchionne, avait annoncé dès le mois d’avril la séparation entre les activités automobile de Fiat et sa branche spécialisée dans les véhicules industriels et les équipements agricoles, baptisée Fiat Industrial. Cette initiative destinée à mieux valoriser le groupe s’est révélée bénéfique puisque l’action Fiat a bondi de près de 50% depuis l’annonce de ce spin-off, lui conférant une capitalisation boursière proche de 19 milliards d’euros.
Chaque actionnaire du groupe Fiat s’étant vu attribuer un titre Fiat Industrial par action Fiat détenue, il reste à savoir comment vont évoluer les deux titres. Leur comportement initial devrait être très volatil, étant donné que le constructeur n’a pas donné d’indication sur leur valorisation respective et que ses prévisions de bénéfices ne tiennent pas compte de sa participation de 20% détenue dans l’américain Chrysler. «Je n’ai pas souvenir d’une opération de ce type à Milan, surtout pour une capitalisation boursière de l’importance de Fiat», commente Alessandro Capuano, responsable de la table de négociation italienne chez IG Markets.
La bourse de Milan ne prévoit pas de prise d’ordre anticipée sur les deux titres avant l’ouverture de la bourse de Milan ce lundi, a indiqué Nunzio Visciano, responsable des nouvelles émissions de Bolsa Italiana. Coïncidant avec la première séance de l’année 2011, cette cotation inaugurale pourrait donner lieu à «plusieurs suspensions», pronostique pour sa part Alessando Frigerio, gérant de portefeuille chez RMJ à Milan.
Le consensus Bloomberg des analystes estime que le cours de l’action Fiat Industrial pourrait atteindre 8,9 euros fin 2011 contre 8 euros pour le nouveau Fiat, soit à un gain de 9,5% par rapport à la clôture de Fiat vendredi. Plusieurs analystes estiment que Fiat Industrial pourrait attirer plus rapidement l’attention des investisseurs compte tenu d’une génération de cash flow supérieure, mais l’entité automobile «a plus de potentiel à moyen terme grâce à la contribution de Chrysler», nuance Wolfram Mrowetz, président du fonds d’investissement milanais Alisei SIM.
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