Une grande majorité de secteurs se contracteront cette année en France
Les perspectives économiques du Crédit Agricole-LCL publiées hier tiennent pleinement compte de la chute d’activité enregistrée dans l’industrie française depuis l’automne dernier. Même si les économistes de la banque anticipent d’ici à la fin de l’année « un redressement progressif de la confiance et un arrêt de la dégradation de la conjoncture », ils privilégient un schéma de reprise molle qui serait « la plus faible de l’après-guerre », avec une progression quasi nulle de l’activité au second semestre. Alors qu’en janvier dernier le recul du PIB était attendu à 0,6 % pour 2009, une contraction de 3 % sur l’ensemble de l’année est désormais prévue, suivie d’une progression de seulement 0,5 % en 2010. Ce scénario central est entouré d’un aléa principal lié à « l’ampleur de la détérioration du marché du travail, qui comporte un risque d’aggravation supplémentaire au cours des prochains trimestres », estime Olivier Bizimana, économiste au Crédit Agricole.
Le panorama sectoriel n’est guère plus réjouissant (cf. graphique) puisque le nombre de secteurs qui devraient connaître une croissance de leur activité cette année a été révisé en baisse de huit à trois en six mois (électronique de défense, pharmacie et grand commerce). En pourcentages pondérés du poids des secteurs, le Crédit Agricole anticipe dorénavant une contraction pour 76 % de la production française contre 59 % en janvier dernier, tandis que la croissance porterait sur seulement 17 % de la production contre 34 % attendus voici six mois.
On notera que le secteur de la construction, qui représente plus d’un cinquième de la production et un tiers de la valeur ajoutée, devrait désormais reculer dans toutes ses composantes : travaux publics (-6 %), résidentiel (-14,2 %) et non résidentiel (-16 %), mais également l’entretien rénovation qui devrait se contracter de 2 % alors qu’il était attendu stable lors de la dernière étude. « Les effets positifs du plan de soutien aux investissements dans les infrastructures ne devraient faire sentir leurs effets qu’en 2010 », précise Crédit Agricole à ce propos.
La chute de la production automobile serait pour sa part désormais comprise entre 15 % pour les équipementiers et 30 % pour l’ensemble des véhicules utilitaires. Le secteur très hétérogène des biens intermédiaires (chimie, verre, composants électronique, travail des métaux…) pâtira tout particulièrement de la faiblesse des marchés étrangers, d’une intensité concurrentielle élevée et de l’importance du nombre de sous-traitants ; au sein de cette catégorie, la production dans la sidérurgie devrait enregistrer le recul le plus important de tous les secteurs (-40 %) à cause « d’un effondrement de la demande et de corrections très significatives des prix ». L’édition (-1 % en volume) et les services informatiques (-1 % en valeur) ne seront pas totalement épargnés par la crise, ce dernier secteur affichant une croissance négative pour la deuxième fois de son histoire après l’éclatement de la bulle télécoms-internet au tournant du millénaire.
Si le grand commerce fait partie des trois secteurs dont la croissance serait positive (+1,9 %), la guerre des prix entre les différents formats dans l’alimentaire « freineront la progression du marché en valeur ». Les deux secteurs qui sortiront du lot sont la pharmacie, traditionnellement défensive, qui devrait cependant voir son rythme de progression fléchir de 6 % l’année dernière à 5 % en 2009 en raison d’une croissance plus faible du segment hospitalier, et l’électronique de défense (+6 % après +10 % en 2008) qui bénéficie de la stabilité relative des crédits de la nouvelle loi de programmation militaire.
Plus d'articles du même thème
-
La dynamique de création de cabinets de gestion de patrimoine ne faiblit pas
Trois nouveaux cabinets se sont lancés cette semaine. L'un d'eux rassemble huit associés fondateurs. -
Sagard clôture son troisième fonds de fonds dédié aux nouveaux gérants buyout au-dessus de sa taille cible
Cette activité héritée du rachat d'Unigestion parvient à réunir 520 millions d'euros, contre 400 millions d'euros prévus initialement. Plusieurs investissements ont d'ores et déjà été réalisés en Europe et aux Etats-Unis. -
La chute du real contraint la Banque centrale du Brésil
L’institution monétaire a laissé son taux directeur inchangé à 13,75%, marquant une pause dans son cycle d’assouplissement monétaire, après la chute des actifs brésiliens. La crainte est une accélération de l’inflation malgré la faible conjoncture alors que le marché attend une politique budgétaire crédible.
ETF à la Une
Près d’un quart de la collecte d'octobre sur les ETF en Europe s’est dirigé vers les actifs américains
- Jean-Pierre Thomas (TVI) : «Il n’y a pas de dossier Thomas Vendôme Investment mais un dossier Malakoff Humanis»
- La Société Générale fait son retour vers les futures
- Les gérants confirment leur confiance dans les marchés actions américains
- Crédit Mutuel Arkéa avoue être victime d'une cyberattaque historique
- 2CRSI n’arrive pas à se remettre d’une attaque d’activiste
Contenu de nos partenaires
-
Reste à chargeDépenses de santé : pourquoi les moins de 65 ans paient plus que les retraités
Les actifs mettent davantage la main à la poche que leurs aînés, malgré des dépenses de santé plus élevées pour ces derniers, rapporte la Drees -
Des ombres et des ondesDésinformation et présidentielle : « La responsabilité des réseaux sociaux est considérable »
La campagne présidentielle française est déjà la cible de manipulations à grande échelle, au niveau des contenus diffusés sur Facebook, X et TikTok, comme des algorithmes qui les favorisent -
L’accord parfait
A la tête d’Interparfums depuis près de quarante ans, Philippe Bénacin est un patron atypique qui revendique une méthode à contre-courant, forgée par de profondes convictions, ses intuitions et une bonne dose d’audace.