Une déroute à méditer
Certains dirigeants de groupes cotés français demeurent réticents devant la perspective d’un vote annuel des actionnaires sur leurs rémunérations. La déroute essuyée sur le sujet par Novartis devrait les aider à mûrir leur réflexion. Le groupe suisse était convenu de verser à son président sortant, Daniel Vasella, la somme astronomique de 58 millions d’euros en six annuités égales. Un pactole censé rémunérer une clause de non concurrence mais qui avait tout, en réalité, d’un parachute doré déguisé. D’où une fureur populaire sans précédent qui a contraint l’intéressé et Novartis à capituler. Le groupe subit, pour l’occasion, un dommage d’image considérable tout comme la cause de la libre fixation des rémunérations par les conseils hors du contrôle actif des actionnaires. A quelques jours d’un référendum sur le sujet en Suisse, voilà une défaite qui compte! Il est vrai que les parachutes de cette ampleur sont inconnus en France, tout comme les clauses de non concurrence de cette nature. Or là n’est pas l’essentiel. Ce qui compte, c’est qu’il ne fait pas bon, lorsqu’on est un patron très ou trop bien payé, se trouver confronté en direct à l’opinion publique. Sans être une garantie absolue, un vote des actionnaires sur la rémunération globale des dirigeants est un garde-fou obligeant ceux-ci à se poser les bonnes questions en amont de l’assemblée générale, sauf à payer leurs erreurs devant un tribunal, autrement redoutable, celui des citoyens.
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