L’annonce sonne comme un sévère avertissement pour les acteurs de la grande distribution et même pour l’ensemble des entreprises. Le risque cyber n’est plus, depuis longtemps, pris à la légère par les acteurs économiques mais les conséquences de l’attaque qu’a récemment subie le britannique Marks & Spencer va sans doute faire grimper le curseur d’alerte d’un cran supplémentaire.
Mercredi, le distributeur a indiqué que la cyberattaque qui l’a touché fin avril allait lui coûter de l’ordre de 300 millions de livres (356 millions d’euros) au niveau du résultat opérationnel sur l’exercice 2025-2026. «Nous nous concentrons sur le rétablissement de la situation, en restaurant nos systèmes, nos opérations et notre proposition client au cours du reste du premier semestre», a précisé la société.
L’offensive, qualifiée de «hautement sophistiquée», a forcé l’entreprise à suspendre son offre de vente en ligne avec des perturbations qui pourraient se poursuivre jusqu’en juillet. De quoi entraîner une hausse des coûts liés à la gestion des stocks. L’activité alimentaire a également été affectée avec une diminution de la disponibilité des produits même si la situation à ce niveau «est déjà en train de s’améliorer», a rassuré Marks & Spencer.
La facture de 300 millions de livres sera présentée de manière séparée dans les comptes du groupe en tant «qu’élément d’ajustement». Les dirigeants espèrent en réduire l’impact final grâce à des mesures de réduction des coûts, à des indemnités d’assurance et à des actions commerciales.
Marks & Spencer compte profiter de cet événement négatif pour «accélérer le rythme d’amélioration de [sa] transformation technologique» et indique avoir trouvé «de nouvelles méthodes de travail innovantes». Pas de quoi pour autant rassurer les investisseurs. L’action du distributeur perdait 1% à la Bourse de Londres mercredi, portant sa chute depuis l’annonce de la cyberattaque, le 23 avril dernier, à 11%.
Relégués au second plan par la cyberattaque, les résultats du distributeur au titre de son exercice 2024-2025 sont ressortis supérieurs aux attentes. Le profit ajusté avant impôts a bondi de 22%, à 875,5 millions de livres, dépassant nettement les 840 millions de livres anticipés par les analystes. Déjà pénalisé par plus de 300 millions de livres d’éléments exceptionnels, dus notamment à une dépréciation de l’investissement réalisé dans Ocado Retail, le bénéfice net de Marks & Spencer a toutefois chuté de 31% sur la période, à 292 millions de livres.
Luc Bigel, Hamza Akli, Adeline Le Bihan - DLA Piper France
Le marché de la cyberassurance a besoin de règles claires, pour conjuguer trois impératifs : la rapidité de la réponse opérationnelle, la loyauté de l’information transmise aux autorités et la prévisibilité de l’indemnisation, estiment les avocats de DLA Piper.
Les panélistes interrogés par L’Agefi anticipent dorénavant deux hausses de taux de la Banque centrale européenne (BCE), et potentiellement une pour la Banque d’Angleterre (BoE). Ils confirment également que la Fed ne devrait plus baisser les siens, ce qui fait remonter les taux longs.
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