Ubisoft renforce ses fonds propres en douceur pour accélérer sa croissance
Afin de pouvoir satisfaire ses ambitions en matière d’acquisitions, Ubisoft va accroître sa flexibilité financière tout en limitant l’effet dilutif sur ses fonds propres. A cet effet, l’éditeur de jeux vidéo vient de mettre en place avec Crédit Agricole CIB une ligne de capital ou equity line, technique permettant à une entreprise d’augmenter son capital au fur et à mesure de ses besoins. Concrètement, l’établissement financier a souscrit des bons d’émission d’actions (BEA), exerçables uniquement au gré d’Ubisoft et donnant la possibilité à celui-ci de procéder à plusieurs augmentations de capital «sur une durée initiale de 2 ans, pouvant être portée à une durée maximale de 3 ans».
Correspondant à un montant nominal maximum de 728.500 euros, l’impact cumulé de l’ensemble de ces augmentations sera équivalent à 9,9% du capital social. Le prix de souscription fera ressortir à chaque émission «une décote de 5% par rapport au cours moyen pondéré des 3 jours de Bourse précédant sa fixation», précise le groupe. Emises par tranches représentant au plus 2% du flottant, les actions nouvelles seront ultérieurement cédées sur le marché par Crédit Agricole.
En se fondant sur les cours actuels, Ubisoft a calculé que ses fonds propres pourraient être renforcés de 54 millions d’euros, avec un effet dilutif sur la valeur comptable des capitaux propres d’environ 1,7% par action. Cet apport viendra compléter ses liquidités composées de 300 millions d’euros de lignes de crédit disponibles plus «83,4 millions de cash net estimés» pour l’exercice se terminant au 31 mars prochain, calculent les analystes de Natixis. Ayant relevé en janvier ses objectifs financiers pour l’exercice en cours, Ubisoft avait indiqué viser le retour à un cash flow opérationnel positif d’ici mars 2013.
Ubisoft réalisera en outre «prochainement» une attribution gratuite de bons de souscription d’actions (BSA) qui «permettra à la fois de récompenser nos actionnaires pour leur fidélité et de renforcer également nos fonds propres en cas d’exercice», souligne le PDG Yves Guillemot. La dernière émission de BSA du groupe, datant de mai 2003, avait permis de convertir en actions 97% de ces bons en 3 ans. Le PDG ajoute que ces deux opérations serviront à «saisir les solides opportunités de croissance et de rentabilité offertes par l’industrie du jeu vidéo à la fois sur les consoles et le segment online».
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