Toyota veut devenir aussi compétitif que Volkswagen
Reconnu pour son modèle industriel, adopté depuis par de nombreux groupes à travers le monde, Toyota n’est pourtant plus satisfait de la rentabilité de ses usines japonaises. Akio Toyoda, le président du constructeur, a donc fixé l’objectif de réduire significativement le point mort du groupe au Japon afin de pouvoir maintenir le niveau d’emploi et conserver intact le monozukuri, la culture industrielle japonaise.
Plus que ses concurrents locaux, Nissan et Honda, le groupe est pénalisé par la vigueur du yen par rapport au dollar. Toyota exporte la moitié des véhicules qu’il produit au Japon contre 30% à peu près pour son compatriote Honda. «Au-delà de l’impact sur nos bénéfices (la perte de changes pourrait dépasser le milliard d’euros cette année, ndlr), le fait que le niveau du dollar par rapport au yen se maintienne aussi longtemps est une crise majeure pour le modèle», a récemment déclaré le président de Toyota.
Le groupe doit donc agir. «Nous cherchons à atteindre la rentabilité avec un dollar à 85 yens, contre une parité à 90 dans le budget actuel, et une utilisation des capacités à 70%», a détaillé Astushi Niimi, le vice-président en charge de la production. Ce niveau d’utilisation représente environ 12.000 véhicules par jour.
L’amélioration de la rentabilité des lignes passera notamment par un processus d’assemblage des moteurs encore plus compact, pour faire face à la baisse attendue des volumes de production au cours des prochaines années. Selon le groupe, la production de moteurs classiques pourrait chuter de moitié au cours des deux ou trois prochaines années. «Nous pensions jusqu’à présent que la taille la plus efficace pour une ligne d’assemblable était de 18.000 moteurs par mois. Maintenant, nous pensons que la moitié serait plus adaptée», a commenté Astushi Niimi.
Avec des lignes plus compactes, Toyota estime que ses investissements pourraient être réduits de 40%, ce qui plafonnerait ses dépenses annuelles à 8,4 milliards de dollars au cours des cinq prochaines années. Au bout du compte, cela permettrait d’améliorer de 20% la compétitivité des lignes de production. Et de s’approcher ainsi des niveaux de Volkswagen, considéré aujourd’hui par Toyota comme la référence du secteur automobile. Selon le dirigeant de Toyota, le constructeur allemand est 30% plus efficace.
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