Toyota va perdre sa couronne de numéro un mondial de l’automobile
Toyota s’était refusé il y a un mois, à l’occasion de la publication des résultats annuels au 31 mars dernier, à présenter des objectifs financiers pour l’exercice en cours. Du fait d’une impossibilité à évaluer l’impact du séisme du 11 mars dernier. Comme promis, le constructeur automobile japonais a donné ses prévisions vendredi, misant sur un repli de 35% de son résultat d’exploitation à 300 milliards de yens (2,6 milliards d’euros). Un chiffre décevant au regard des consensus Reuters (434 milliards) ou Bloomberg (422 milliards).
En termes de production, Toyota a abaissé son objectif annuel de 7,3 à 7,24 millions de véhicules. De quoi sans doute devoir abandonner le premier rang mondial à General Motors, voire la deuxième place à Volkswagen. «Nous ne considérons pas nécessaire le fait d’être le principal constructeur mondial» a assuré vendredi le directeur financier Satoshi Ozawa, qui évoque une reprise de la production en fin d’année qui pourrait permettre de «regagner des parts de marché perdues temporairement».
Toyota juge ces prévisions «raisonnables», tout en stipulant que l’horizon reste incertain. En raison des effets du séisme certes, mais aussi face aux risques tels que le taux de chômage ou la flambée des prix pétroliers qui pourraient mettre en péril le rétablissement à un «rythme modéré» aux Etats-Unis ou en Europe.
Qui plus est, Toyota met en avant l’impact négatif sur ses comptes d’un yen fort, que le groupe voit en moyenne sur l’exercice en cours à 82 pour un dollar et 115 pour un euro. Toyota estime que la force du yen pourrait amputer son résultat opérationnel de quelque 100 milliards de yens. Un analyste soulignait vendredi la «faiblesse structurelle» de Toyota à cet égard, le groupe produisant davantage au Japon que ses concurrents Honda ou Nissan.
Pour autant, la sortie de Toyota a pu également susciter des réactions positives de certains analystes. L’un d’eux rappelait ainsi la traditionnelle prudence du groupe dans ses prévisions, un autre voulant croire que ces dernières n’«étaient pas vraiment négatives» car elles ont le mérite d’ôter une part de la grande incertitude entourant l’état de forme de Toyota. Aux yeux de ce dernier spécialiste du secteur, «si la demande mondiale devait évoluer favorablement, le groupe ira sans doute au-delà de ses prévisions».
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