Toyota se voit pousser des ailes grâce à l’affaiblissement du yen
Toyota a bien trouvé un nouvel élan. Après plusieurs années de poisse marquées par d’importants rappels de véhicules, des catastrophes naturelles frappant le Japon ou la chaîne de production en Asie, ainsi que par la force du yen freinant son expansion mondiale, le constructeur automobile japonais reprend confiance, particulièrement sous l’impulsion d’une politique volontariste du nouveau gouvernement entraînant un net affaiblissement de la devise nipponne.
Un chiffre, dévoilé vendredi à l’occasion de la publication des solides résultats trimestriels à fin juin, témoigne de l’effet de l’évolution du yen sur les comptes de Toyota: les fluctuations de taux de change ont contribué à hauteur de 260 milliards de yens (2 milliards d’euros) à l’augmentation de 310,2 milliards du résultat opérationnel sur la période. Ce dernier a bondi de 87% à 663,3 milliards. Le yen a abandonné 15% environ de sa valeur face au dollar depuis fin 2012, à un niveau proche de 100 pour un dollar (après un plus bas à 103,74 au mois de mai). De quoi inciter Toyota à ajuster ses prévisions. Alors que le groupe tablait en avril, pour son exercice à fin mars 2014, sur un change moyen de 90 yens pour un dollar et 120 yens pour un euro, il mise désormais sur respectivement 92 et 122 yens.
Toyota n’a pas manqué de relever en conséquence ses objectifs financiers. Le chiffre d’affaires attendu est revu en hausse de 23.500 à 24.000 milliards de yens (correspondant à une hausse de 9% par rapport à l’exercice 2012-2013), le résultat opérationnel de 1.800 à 1.940 milliards (+47%), et le résultat net de 1.370 à 1.480 milliards (+54%).
Toyota n’en est pas moins prémuni contre les aléas conjoncturels pénalisant sa croissance notamment en Asie et en Europe (où le groupe est relativement moins exposé que ses grands rivaux), d’autant qu’en Amérique du Nord, principal marché du groupe, ce dernier progresse moins vite que ses concurrents, surtout locaux. Le recul de 2% des ventes en volumes sur le premier trimestre fiscal à fin juin (à 2,23 millions d’unités) n’a pas empêché le constructeur de maintenir son objectif de 9,1 millions d’unités sur l’ensemble de l’exercice, contre 8,9 millions sur 2012/2013.
Surtout, Toyota a lancé un défi au secteur en promettant de produire 10,12 millions de véhicules en 2013 (contre 9,94 précédemment). Jamais un constructeur automobile n’a franchi le seuil des 10 millions d’unités sur une année civile.
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