L’action du géant de l’énergie a rebondi de plus de 25% en quelques semaines. La hausse du prix du pétrole fait oublier l’exposition du groupe à la Russie.
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Johann Corric
Patrick Pouyanné, PDG de TotalEnergies.
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TotalEnergies
Contrairement à l’adage, il ne fallait pas vendre en mai. En tout cas pas l’action TotalEnergies. Le mois dernier, son cours s’est envolé de 18% - et même de 26% entre le 25 avril et le 31 mai – enregistrant au passage sa meilleure performance mensuelle depuis l’exceptionnel mois boursier de novembre 2020 et sa deuxième plus forte hausse depuis plus de 20 ans. Le 31 mai, le titre a même touché un sommet depuis 2007 à 55,59 euros. Dividendes inclus, la valeur est à son plus haut historique. Avec une capitalisation boursière de 142 milliards d’euros, TotalEnergies est de retour sur le podium des plus grandes entreprises du CAC 40, derrière LVMH et L’Oréal mais devant Hermès et Sanofi.
Dans ce contexte favorable, TotalEnergies a en outre multiplié les opérations dans les domaines de l’énergie renouvelable et du gaz naturel liquéfié (GNL). Fin mai, il a annoncé l’acquisition de 50% de Clearway, présenté comme le 5e acteur américain des énergies vertes, pour 1,6 milliard de dollars et près de 50% de sa filiale contrôlant SunPower. Peu avant, le groupe avait révélé plusieurs développements dans l’éolien offshore, une acquisition dans le solaire aux Etats Unis et le lancement d’un projet d’extension dans le GNL en Louisiane. «Le groupe devrait réaliser d’autres acquisitions dans le domaine du renouvelable mais il restera sans doute sur des opérations de taille raisonnable, inférieures à 5 milliards de dollars», anticipe Kevin Vo. Le 31 mai, le PDG, Patrick Pouyanné a d’ailleurs indiqué sur le plateau de BFM Business qu’une «belle annonce dans l’hydrogène» serait faite «dans les prochaines semaines».
Tous ces développements rassurent sur la capacité de TotalEnergies à mener à bien sa stratégie de diversification en dehors du pétrole, y compris en cas de perte de ses actifs russes qui devaient notamment nourrir la croissance du groupe dans le GNL. Une stratégie à laquelle semblent croire les collaborateurs de l’entreprise. Début mai, 42,3% des salariés et anciens salariés éligibles – soit 49.000 personnes - ont souscrit à l’augmentation de capital de 338 millions d’euros qui leur était réservée. Un investissement largement gagnant à ce stade. Au 1er juin, l’action cotait 46% au-dessus du prix de souscription, fixé à 37 euros par action.
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