Total tisse des liens renforcés avec la Chine
Pour la Chine, Total a les yeux de Chimène. Dans un entretien au Wall Street Journal, Christophe de Margerie, le PDG du groupe français a fait part d’un accord conclu avec Sinopec dans le secteur du gaz de schiste. Le dirigeant est aussi revenu sur l’association avec le pétrolier chinois et deux deux filiales de Kuwait Petroleum Corporation pour un projet dans la province du Guangdong.
Le site, d’une capacité de 300.000 barils par jour, doit lui offrir un meilleur accès au marché chinois. Le protocole d’accord envisage également la création d’une coentreprise de marketing détenue à 51% par Sinopec et à 49% par Total et ses partenaires koweïtis. «Nous avons besoin d’une licence de commerce en gros pour les produits pétroliers», a expliqué Christophe de Margerie.
Total espère exploiter au maximum le potentiel qu’offre le gaz de schiste en Chine. Pékin se fixe pour objectif de produire annuellement 6,5 milliards de mètres cubes de gaz de schiste d’ici 2015 et 60 à 100 milliards d’ici 2020, une cible jugée ambitieuse par le patron de Total. Ce dernier estime que les autorisations réglementaires d’exploitation doivent être accordées rapidement, ou alors ce but sera «inatteignable».
Pour accélérer les choses, la Chine a promis vendredi de donner la priorité aux projets dans le gaz de schiste pour la gestion du foncier, d’accorder des exonérations douanières pour l’importation de matériel d'équipement et d’allouer des subventions sur le modèle déjà en place dans le gaz de charbon. «Si nous pouvons réaliser une percée dans les technologies essentielles d’exploration et de développement d’ici 2015», alors il est «très probable» que l’objectif de 2020 puisse être atteint, a affirmé Zhang Yuqing, responsable du département pétrole et gaz au sein de la National Energy Administration (NEA).
Christophe de Margerie a par ailleurs indiqué que ce partenariat industriel se doublait d’un intérêt capitalistique. La State Administration of Foreign Exchange (SAFE) détient désormais 2% du capital du pétrolier français, à l’image du Qatar. Une source proche de Total a toutefois assuré à Reuters que la Chine n’avait pas pris de nouvelle participation dans le groupe depuis avril 2008. «Si CIC (le fonds souverain chinois, ndlr) veut en prendre davantage, nous n’y voyons aucun problème», a ajouté Christophe de Margerie.
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