Total poursuit son offensive dans le gaz non conventionnel avec l’américain Chesapeake
Deux ans après avoir conclu un accord avec Chesapeake dans les gaz de schiste au Texas, Total renforce ses liens avec son partenaire en créant une coentreprise qui prendra une participation de 25% dans des gisements riches en condensats situés dans l’Est de l’Ohio («Utica Shale»). La transaction, rétroactive au 1er novembre 2011, comprend le versement en numéraire de 610 millions de dollars (470 millions d’euros) à Chesapeake et 90 millions de dollars à l’associé minoritaire texan EnerVest.
Le pétrolier français s’engage également à financer, à hauteur d’au maximum 1,63 milliard de dollars sur 7 ans, 60% des investissements destinés à la réalisation de nouveaux puits à travers cette coentreprise dont Chesapeake, deuxième producteur mondial de gaz naturel, sera l’opérateur. Total prendra ultérieurement «une participation de 25% dans tout nouveau domaine dont Chesapeake fera l’acquisition dans la zone concernée par l’accord» et il contribuera au financement des infrastructures nécessaires à l’exportation de la production.
A l’heure actuelle 13 puits ont déjà été forés «avec des résultats très prometteurs» sur cette zone d’environ 2.500 km2, précise le communiqué du groupe français. L’accord prévoit une accélération de ce rythme avec le déploiement de 25 plates-formes d’ici fin 2014. L’objectif pour Total est d’atteindre sur ce périmètre une quote-part de production de 100.000 barils équivalents pétrole par jour avant la fin de la décennie. Si le prix global de 2,32 milliards de dollars se situe «dans le haut de la fourchette pour des transactions dans les hydrocarbures non conventionnels aux Etats-Unis», il est justifié par les perspectives de développement de ces gisements, estiment les analystes de BoA-Merrill Lynch.
Quasiment inexistante voici dix ans, la production américaine de gaz de schiste s’élève aujourd’hui à «13% de la production du pays contre 63% pour le gaz conventionnel», relève CM-CIC Securities. Elle devrait doubler d’ici à 2020 «pour représenter 27% de la production américaine contre 47% pour le gaz conventionnel». La croissance de la production de pétrole de réservoirs compacts (pétrole léger de schiste) a été plus rapide encore. Passée de 1,5% de la production de pétrole en 2008 aux Etats-Unis à 5,3% en 2010, elle devrait atteindre 10,3% cette année, selon l’Agence internationale de l’énergie.
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