Total devra expliquer en AG la hausse de la rémunération de son PDG

ISS et Glass Lewis recommandent un vote favorable ce vendredi, tandis que Proxinvest s’oppose à la rémunération de Christophe de Margerie
Bruno de Roulhac

Mieux vaut prévenir que guérir. Dans la perspective du premier «say on pay» lors de l’AG de vendredi, Total fait de la pédagogie pour expliquer la rémunération de son PDG, Christophe de Margerie. Ce dernier a perçu 3,49 millions d’euros de fixe et variable au titre de 2013. Sans compter les 53.000 actions qui pourraient lui être attribuées, sous réserves de critères de performance sur 2013-2015, disponibles seulement en 2018, mais valorisées au cours actuel à 2,7 millions d’euros.

La rémunération fixe de Christophe de Margerie reste stable depuis mai 2010 à 1,5 million d’euros. En revanche, le variable maximum a été relevé cette année de 165% à 180% du fixe, alors que les autres groupes fixent généralement un plafond à 150%. Ces 15% supplémentaires sont liés à des critères RSE. Au titre de 2013, le patron de Total a touché 1,99 million d’euros de variable, soit 132% du fixe (contre 116% au titre de 2012). Un variable constitué de paramètres économiques (100%) et d’indicateurs liés à la contribution personnelle du PDG (80%).

Trois critères économiques sont retenus: la rentabilité des capitaux propres (ROE) pour 50%, la progression du résultat net pour 25% et celle du bénéfice net par action pour 25% par comparaison avec celle de quatre concurrents (ExxonMobil, BP, Royal Dutch Shell et Chevron). En 2013, le PDG a obtenu 77,5% sur ces critères économiques.

Pourtant, «le groupe reconnaît lui-même que le ROE est en retrait par rapport en 2012, et, dans les faits, le bénéfice par action de Total n’a pas fait mieux que ses concurrents depuis 2010 et 2011», explique Loïc Dessaint, directeur général de Proxinvest. En revanche, aucun critère opérationnel ou de cash flow n’est pris en compte.

La contribution personnelle du PDG est évaluée à travers six critères: la sécurité, la production, les réserves d’hydrocarbures, la performance de l’aval, le succès des négociations stratégiques et la performance RSE. En 2013, le PDG a obtenu 55% sur ces critères.

Les principaux proxys, ISS et Glass Lewiss, ont recommandé un vote favorable sur le «say on pay» et l’AFG n’a fait aucune réserve. En revanche, Proxinvest s’est clairement prononcé contre: «Nous demandons plus de transparence sur l’application des critères, ajoute Loïc Dessaint. Comment la part variable de Christophe de Margerie peut-elle augmenter de 14%, alors que les résultats du groupe ont reculé l’an dernier?» Les actionnaires répondront vendredi.

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