ThyssenKrupp vend son autocontrôle pour accélérer son désendettement
ThyssenKrupp ne s’interdit aucune mesure pour accélérer son désendettement. Le sidérurgiste allemand a vendu hier la quasi-intégralité de son autocontrôle, soit 49,48 millions d’actions représentant 9,6% de son capital. Le placement accéléré a été réalisé dans la matinée par Commerzbank, Deutsche Bank et HSBC Trinkaus & Burkhardt. Les titres ont été cédés au prix unitaire de 32,95 euros, soit une décote de 5,2% par rapport au cours de mercredi soir. Le produit de la vente s’élève à 1,63 milliard d’euros. L’action a terminé à 32,96 euros hier soir, en baisse de 5,2%.
Ces titres avaient été achetés sur le marché par ThyssenKrupp lors de trois programmes de rachats d’actions menés en 2006 et 2008, à un prix de revient unitaire de 30,92 euros. Le groupe a ainsi gagné 2,03 euros par action, soit 100 millions d’euros au total. La somme viendra renforcer les fonds propres, a-t-il précisé hier.
Avec cette opération, ThyssenKrupp allège une dette qui s’élevait à fin mars à un peu moins de 6,5 milliards d’euros, sans compter les 6,6 milliards du fonds de retraite. Selon les analystes crédit de RBS, le ratio de dette sur Ebitda du groupe devrait tomber à 1,5 fois contre 2 fois au 31 mars dernier. Toutefois, selon RBS, même si la cession de l’autocontrôle va dans le bon sens, «il y a peu de chance que cela se traduise par un relèvement de la note du groupe». S&P a d’ailleurs confirmé peu après sa note BB+, avec perspective stable. Le sidérurgiste est noté Baa3 par Moody’s et BBB- par Fitch, les deux avec une perspective stable également.
Avant de relever leurs notes, les agences attendront un geste plus fort. Le 13 mai dernier, la direction de ThyssenKrupp a confirmé sa volonté de céder des actifs représentant environ 10 milliards d’euros, soit un quart de son chiffre d’affaires annuel. L’essentiel de ce désendettement sera alimenté par la cession probable de la division acier inoxydable. Toutes les options sont ouvertes, selon la direction du groupe. Numéro un européen, cette division reste néanmoins déficitaire en raison d’une surproduction chronique sur le continent. Elle est valorisée environ 3 milliards d’euros. Confronté aux mêmes difficultés, Arcelor Mittal a scindé en bourse sa filiale d’acier inoxydable Aperam en début d’année 2011.
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