ThyssenKrupp n’exclut pas de devoir faire appel au marché

Malgré la cession qu’il juge prochaine de Steel Americas, les fonds propres du sidérurgiste allemand s’affaiblissent dangereusement
Yves-Marc Le Reour

La profonde restructuration de ThyssenKrupp compromet désormais sa solidité financière. Laminé par une baisse de la demande dans la construction et l’automobile ainsi que par la concurrence des producteurs chinois, le bénéfice d’exploitation ajusté du sidérurgiste allemand a chuté d’un tiers à 241 millions d’euros entre janvier et mars, deuxième trimestre de son exercice finissant le 30 septembre prochain.

Bien que la perte opérationnelle de Steel Americas ait été réduite à 12 millions d’euros (contre -228 millions un an plus tôt), une dépréciation de 683 millions afférente à cette division a abouti à une perte nette de 656 millions sur la période, en hausse de 11,8% d’une année sur l’autre. En excluant Steel Americas et d’autres filiales mises en vente, les comptes restent dans le rouge mais la perte nette est ramenée de 164 à 89 millions. L’action a reculé hier de 1,7% pour terminer à 14,8 euros.

Le groupe a précisé qu’il n’espérait plus stabiliser son chiffre d’affaires autour de 40 milliards d’euros sur l’ensemble de l’exercice, après une baisse de 11% au deuxième trimestre pour les activités maintenues. Confirmant un bénéfice d’exploitation annuel ajusté d’un milliard d’euros sur ses activités poursuivies (contre 1,4 milliard en 2011-2012), le directeur général Heinrich Hiesinger n’exclut pas «une augmentation de capital au cours durant les 6 à 9 prochains mois», en raison des «ressources limitées du bilan de l’entreprise». Ses fonds propres ne représentaient plus que 9,5% de son total de bilan au 31 mars dernier.

Hans-Peter Wodniok, analyste chez Fairesearch à Francfort, s’alarme d’une «accélération globale de la baisse des ventes, à l’exception des ascenseurs et des composants industriels». Si la cession de Steel Americas, qui regroupe ses aciéries au Brésil et au Etats-Unis, devrait être prochainement signée, le groupe allemand a indiqué être toujours en négociation avec plusieurs acheteurs potentiels sur ce dossier. La valeur comptable de la division a désormais été ramenée à 3,4 milliards d’euros.

La réorganisation en cours de ses activités, qui passe par une diminution du nombre de ses divisions, se traduira également durant les 3 prochaines années par une réduction de 20% du nombre de salariés affectés à des tâches administratives, sur un total de 15.000 personnes actuellement employées dans ce type de fonctions.

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