ThyssenKrupp fait table rase au sein de son directoire
A quelques jours de la présentation mardi prochain de ses comptes annuels le numéro un allemand de l’acier, ThyssenKrupp, résilie les contrats de la moitié des membres de son directoire, sans présenter de successeurs.
En mettant fin aux mandats d’Olaf Berlien, Edwin Eichler et Jürgen Claassen le groupe entend adresser un «signal clair» à l’extérieur sur sa volonté de faire table rase des problèmes accumulés sous l'égide de son ancien président Ekkehard Schulz, estime Ingo-Martin Schachtel de Commerzbank.
L’affaire fait grand bruit en Allemagne car c’est la première fois qu’un grand groupe industriel rend trois de ses directeurs collectivement responsables des débâcles subies ces dernières années. Selon les analystes, cette décision, qui doit encore être avalisée par le conseil de surveillance, apporte la preuve de la gravité de la crise que le groupe traverse.
Selon la presse allemande les pertes subies par les aciéries construites aux Etats-Unis et au Brésil s’élèveront au bout du compte à quelque 8 milliards d’euros. Depuis mai dernier le groupe tente vainement de trouver un acquéreur pour ses actifs. A cela s’ajouteront probablement 500 millions d’euros de dommages et intérêts à verser à des concurrents dans une affaire de corruption et de manipulation de prix dans les rails de chemins de fer et d’escalators.
Dans un communiqué ThyssenKrupp explique que les attentes des dirigeants quant aux résultats des aciéries américaines «se sont révélées trop optimistes ou même fausses». Selon Gerhard Cromme, le président du conseil de surveillance, c’est «la culture du management dans le groupe» qui a été ainsi remise en cause.
Les syndicats représentés au conseil de surveillance ont accueilli le licenciement des directeurs avec bienveillance. «Nous considérons que cette décision était nécessaire pour que la direction restante puisse enfin se concentrer sur son activité principale: assurer l’avenir de l’entreprise et des emplois», a déclaré le représentant d’IG Metall, Bertin Eichler.
Le conglomérat ThyssenKrupp est lourdement endetté et se trouve en pleine restructuration de ses activités. En plus de la fonderie américaine, il prévoit toujours de boucler la vente de sa division d’acier inoxydable au finlandais Outokumpu d’ici la fin de l’année. Cette vente fait partie d’un vaste plan de cession d’actifs qui concerne un quart de son chiffre d’affaires.
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