Thales élabore pour cet été un nouveau plan stratégique à 5 ans
Nommé en décembre dernier, le nouveau PDG de Thales, Jean-Bernard Lévy, propose pour l’équipementier aéronautique une feuille de route qui s’apparente au changement dans la continuité. Lancé fin 2009 par son prédécesseur, Luc Vigneron, le plan d’économies «Probasis» sera ainsi poursuivi «mais sous une forme différente», avec un impact positif de 100 millions d’euros sur les coûts en 2013. La hausse de 5 à 8% du résultat opérationnel courant attendue cette année, accompagnée d’un chiffre d’affaires stable, devrait donc déboucher sur une nouvelle progression de la rentabilité du groupe.
Avec une marge d’exploitation courante de 6,5% dégagée en 2012, cette rentabilité reste néanmoins environ deux fois inférieure à celle de concurrents britanniques comme Cobham ou BAE. Les analystes de Barclays jugent en outre que le redressement des marges «pourrait être ralenti par l’annonce inattendue d’une nouvelle revue stratégique», portant sur l’organisation et la segmentation géographique de ses métiers. Le groupe va ainsi séparer la division Aérospatial et Transport en deux entités distinctes et créer six unités stratégiques globales pilotées comme centre de profit.
Cette réorganisation, qui aboutira d’ici à l’été à la définition d’un nouveau plan stratégique à 5 ans, comprend par ailleurs le regroupement des activités en trois zones géographiques, dont l’une dédiée aux pays émergents (22% du chiffre d’affaires l’an dernier) sur lesquels le groupe veut renforcer sa présence. Cette réorientation, qui diminuera sa sensibilité au recul des budgets de la défense dans les pays développés, reposera sur une croissance demeurant principalement organique et sur la multiplication des partenariats locaux. «Les réponses viendront de l’intérieur de Thales et pas de l’effet magique d’une fusion-acquisition», a souligné Jean-Bernard Lévy.
Bénéficiant de la consolidation proportionnelle du constructeur naval militaire DCNS, la trésorerie nette de l’équipementier a pourtant fortement progressé pour atteindre plus de 1,5 milliard d’euros à fin 2012. Mais les analystes de Cheuvreux Crédit Agricole relèvent que l’Etat et Dassault Aviation, qui contrôlent à eux deux 51% du capital, «peuvent opposer leur veto à toute tentative d’acquisition de taille supérieure à 150 millions d’euros», limitant de fait la marge de manœuvre de la direction en matière d’acquisition transformante.
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