Tesco reste en Chine en s’alliant au géant local China Resources
Difficile de rester indépendant en Chine. Après dix années de présence seul, Tesco a jeté l’éponge et vient de signer un protocole avec China Resources Enterprise (CRE), le deuxième acteur local, pour donner naissance au «leader de la distribution multiformat en Chine», selon le communiqué du groupe britannique.
La coentreprise, détenue à 80% par CRE et 20% par Tesco, dégagerait 10 milliards de livres (11,6 milliards d’euros) de ventes annuelles. CRE apporterait ses 2.986 magasins Vanguard en Chine et à Hong Kong, et Tesco ses 131 magasins et centres commerciaux. Les deux partenaires n’ont pas donné d’autres précisions dans l’attente de la finalisation de l’accord. Mais Tesco pourrait payer plusieurs centaines de millions de livres pour ce regroupement, selon une source citée par Bloomberg.
Pour Tesco, ce partenariat s’inscrit dans la lignée de coentreprises réussies entre CRE et d’autres sociétés internationales. Il est aussi conforme à sa stratégie de concentration sur les opérations rentables dans les marchés à croissance rapide, mais moins matures. «Avec un tel accord, Tesco reste exposé au marché chinois en forte croissance, et peut se développer de manière moins capitalistique», note Barclays.
Dès 2012, Tesco avait adopté une attitude plus prudente en Chine et ralenti son rythme de développement, estimant que les ouvertures de nouveaux espaces étaient en avance sur la demande des clients chinois. Sur son exercice 2012/2013, le distributeur britannique n’a ouvert que 12 nouveaux magasins et fermé cinq magasins jugés sous-performants. Sur l’exercice écoulé, la croissance en comparable de ses ventes en Chine, hors essence, a reculé de 1,1%, passant de -0,3% au premier semestre à -1,7% au second semestre, très loin des +4,1% de 2011/2012.
Avec seulement 2,4% de parts de marché dans les hypermarchés en Chine, Tesco ne pouvait faire face seul au leader du secteur, Sun Art, coentreprise entre le taïwanais Ruentex et le français Auchan, avec 14% du marché. China Resources et Wal-Mart occupent la deuxième place avec chacun 11% de parts de marché.
Surtout, le groupe britannique doit faire face à des conditions de marché difficiles en Grande-Bretagne, où il réalise les deux tiers de son bénéfice. Tesco est également en train de quitter les Etats-Unis, où il est devenu déficitaire. Des activités pour lesquelles il a dû passer l’an dernier 1 milliard de livres de charges exceptionnelles.
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