Tereos veut profiter de la fin des quotas sucriers en Europe en 2017
Tereos est prêt pour la libéralisation complète du marché européen du sucre. Le premier sucrier français et numéro cinq mondial entend même profiter de la fin des quotas en Europe annoncée pour le 1er octobre 2017 avec la disparition du «règlement sucre» pour augmenter sa production.
Certes, en devenant plus ouvert, le «marché va devenir plus compétitif et plus volatil», reconnaît Thierry Lecomte, le président du conseil de surveillance du sucrier. Mais la coopérative mise sur sa dimension internationale pour passer l’onde de choc et écouler sa production. La moitié de l’activité betteravière du groupe provient déjà de production libéralisée.
«Nous devrions être l’un des principaux bénéficiaires de la réforme», estime même Alexis Duval, le président du directoire de Tereos. La disparition des quotas va lever un handicap majeur pour le groupe en lui permettant d’accroître ses volumes de production de betteraves sucrières de 20% d’ici à 2017 et de saturer ainsi son outil de production. De 87 jours en 2013-2014, la durée de la campagne sera portée entre 110 et 115 jours l’an prochain mais «l’objectif est de monter jusqu’à 130 jours, au niveau des groupes les plus compétitifs en Europe», indique Alexis Duval.
Cet accroissement de la production permettra d’écraser de façon quasi-proportionnelle les frais fixes des distilleries qui représentent à eux seuls 40% de leurs coûts de production. D’où un effet de levier majeur pour la marge de l’outil industriel. Lors de l’exercice 2013-2014, Tereos a dégagé un Ebitda ajusté de 691 millions d’euros. En baisse de 13% par rapport au record de l’exercice précédent, dopé par l’envolée des cours mondiaux du sucre sous l’effet de la sécheresse au Brésil, l’Ebitda 2013-2014 reste le troisième plus élevé de l’histoire de Tereos. Il représente une marge de 14,7%.
La fin des quotas devrait également relancer à moyen terme le mouvement de rapprochement du secteur européen, autour des grandes coopératives plus à même de générer des économies d’échelle et d’écouler leur production à l’international. «Elles représentent les deux tiers voire les trois quarts de la production européenne et il sera donc plus facile pour elles de gérer la volatilité du marché», explique Alexis Duval qui rappelle que les décisions réglementaires ont toujours dans le passé provoqué des vagues de concentration.
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