Telefonica poursuit son offensive dans la télévision payante sur le marché espagnol
Dans l’attente du verdict de Bruxelles avant le 10 juillet sur sa proposition de rachat de l’opérateur mobile E-Plus en Allemagne, Telefonica ne ménage pas ses efforts pour consolider sa position dans la télévision payante sur son marché domestique. L’opérateur télécoms avait conclu début juin un accord avec le groupe de presse Prisa, en vue de lui racheter sa participation de 56% dans la plate-forme espagnole de télévision payante DTS (Distribuidora de Television Digital, ou Digital+) pour 750 millions d’euros, contre 725 millions dans son offre initiale début mai.
Déjà présent à hauteur de 22% dans DTS, Telefonica souhaite désormais prendre le contrôle intégral de l’entreprise en rachetant le reste du capital détenu par Mediaset España, filiale locale du groupe de communication italien. Dans un communiqué adressé au gendarme boursier espagnol (CNMV), l’opérateur a indiqué hier avoir fait «une offre engageante de 295 millions d’euros» pour les 22% détenus par Mediaset España.
A ce montant s’ajouteront 10 millions d’euros si Telefonica parvient à mener à bien l’acquisition des parts de Prisa, opération soumise à l’approbation des créanciers bancaires de ce dernier et à l’aval des autorités réglementaires. Moyennant l’abandon du droit de préemption qu’il détient sur ces parts, Mediaset recevrait de Telefonica 30 millions supplémentaires. Enfin, le groupe italien pourrait percevoir jusqu’à 20 millions de plus «en fonction de l’évolution du nombre de clients de Telefonica dans la télévision à péage en Espagne, calculé sur une période de quatre années suivant le rachat de la participation de Prisa».
En incluant ce paiement différé lié à la performance de la cible, Telefonica verserait à Mediaset jusqu’à 355 millions d’euros pour s’emparer de DTS. «Ce prix est plus élevé que celui offert à Prisa mais reste raisonnable compte tenu du crédit d’impôt activable si Telefonica contrôle 100% de Digital+», jugent les analystes de Santander.
Si Mediaset n’a pas encore fait connaître sa réponse, la probabilité d’une acceptation est importante car «il a besoin de cash pour concourir dans les enchères italiennes sur les droits de diffusion des matches de football de la Serie A», relève Andrea Giuricin, professeur spécialisé dans les médias à l’Université Bicocca de Milan. Ces droits sont convoités par la concurrence, notamment par Sky Italia, filiale à 100% du géant américain 21st Century Fox contrôlé par Rupert Murdoch.
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