Telefonica cède la totalité de ses actions en autocontrôle pour 975 millions d’euros
Telefonica vient de céder l’ensemble de ses actions détenues en autocontrôle, soit un peu moins de 2% de son capital, afin d’accélérer son désendettement. C’est au total un peu plus de 90 millions de titres que l’opérateur de télécoms a placés hier au prix unitaire de 10,8 euros auprès d’investisseurs institutionnels. Ce placement privé, organisé par Goldman Sachs dans le cadre d’une procédure accélérée de constitution du carnet d’ordres, lui a permis de lever près de 975 millions d’euros.
L’opérateur historique espagnol profite ainsi du récent rebond de l’action, qui a gagné 18% entre le 1er et le 25 mars, après être longtemps restée proche du plus bas de 8,6 euros atteint l’été dernier. Cette initiative «contribuera à faire nettement baisser l’endettement du groupe», commente Borja Mirangos, analyste chez Interdin Bolsa à Madrid, en chiffrant à 70 millions la plus-value potentielle nette résultant de ce placement.
S’élevant à 51,2 milliards d’euros fin 2012, la dette nette de Telefonica, dont la maturité moyenne est de 6,4 ans, est supérieure à sa capitalisation boursière actuelle (48,6 milliards). Sa situation de liquidité de 21 milliards couvre ses échéances de dette jusqu’à mi-2015. L’objectif de ramener la dette nette en dessous de 47 milliards au 31 décembre prochain «ne pourra être atteint grâce au seul cash flow organique généré par le groupe», jugent les analystes de Kepler.
Tout en saluant un désendettement qui aura pour effet de «diminuer le risque financier et la charge d’intérêt, tout en améliorant la rentabilité des capitaux investis», ils notent qu’en choisissant de céder des actions plutôt que de les annuler, l’équipe dirigeante laisse à penser que le cours de Bourse est actuellement «proche, voire au-dessus du juste prix». Le titre a d’ailleurs perdu près de 5% hier en terminant à 10,7 euros.
Selon eux, «Telefonica va continuer à rationaliser son portefeuille d’actifs, en cédant des pylônes de transmission ou de l’immobilier, ainsi que certaines filiales comme l’opérateur mobile O2 en Irlande ou en République tchèque». Le mois dernier, le conglomérat espagnol Abertis a d’ailleurs indiqué avoir engagé des discussions avec Telefonica, Vodafone et France Telecom en vue de racheter plus d’un millier de mâts de transmission cellulaire, situés pour la plupart d’entre eux en Europe.
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