Telecom Italia n’exclut aucune piste au Brésil mais ne fera pas de folie

L’opérateur étudie ses options stratégiques après l’annonce de l’offre de Telefonica sur GVT, mais son endettement contraint sa marge de manœuvre
Simon Wizman

Au lendemain de l’annonce de l’offre d’achat de Telefonica sur l’opérateur brésilien GVT, filiale de Vivendi, pour 6,7 milliards d’euros, Telecom Italia a assuré hier poursuivre «l'évaluation approfondie» de ses options stratégiques au Brésil, en soulignant l’importance de ce marché où il réalise près d’un tiers de ses ventes. Le principal objectif d’une fusion dans ce pays serait pour lui de se renforcer dans le haut débit, la spécialité justement de GVT. Cependant, selon Marco Patuano, l’administrateur délégué de l’opérateur italien, le groupe n’a pas l’intention de se lancer dans des «offres exagérées», notamment à cause de son lourd endettement et de la nécessaire modernisation de ses réseaux, forcément coûteuse.

«Nous gardons ouvertes toutes les possibilités, mais nous ne sommes pas intéressés par quelque chose qui soit irrationnel», a-t-il expliqué aux analystes financiers lors de la présentation des résultats semestriels hier. Il également déclaré que TIM Brasil était un actif stratégique mais qu’il pouvait toujours être vendu pour un bon prix. Si Telefonica parvenait à ses fins en prenant le contrôle de GVT, TIM Brasil se retrouverait en mauvaise posture en devenant le seul opérateur mobile brésilien dépourvu d’une présence solide dans le haut débit. Ce qui pourrait le conduire à s’adosser.

Côté résultat, Telecom Italia est repassé dans le vert au premier semestre 2014 avec un bénéfice net consolidé de 543 millions d’euros, contre une perte nette de 1,4 milliard l’an passé à la même époque après diverses dépréciations. L’Ebitda a en revanche reculé de 7,6% sur un an au premier semestre à 4,3 milliards d’euros du fait de l’atonie du marché des télécoms transalpins, mais aussi de l'érosion de la croissance de sa filiale TIM au Brésil. Egalement pénalisé par la dépréciation du réal, le chiffre d’affaires a de son côté reculé de 11,2% à 10,6 milliards d’euros. Telecom Italia espère renouer avec la croissance et améliorer ses résultats cette année grâce à une politique de réduction de coûts.

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