Telecom Italia est rattrapé par son histoire financière mouvementée
Après avoir laissé planer le doute sur le traitement de ses écarts d’acquisitions lors de la présentation de ses résultats préliminaires fin février, Telecom Italia a été contraint de prendre en compte «la détérioration du scénario macroéconomique et de l’environnement des marchés financiers», selon les propos de son PDG Franco Bernabe. Après examen des comptes audités, le conseil d’administration de l’opérateur télécoms italien a finalement passé une dépréciation de 7,3 milliards d’euros sur des survaleurs liées à ses activités italiennes.
Plus précisément, ces écarts d’acquisition datent du rapprochement opéré en 2003 entre Telecom Italia et Olivetti, qui était jusqu’alors sa holding de contrôle, et du rachat en 2005 des minoritaires de sa filiale mobile TIM. Franco Bernabe explique que la hausse des taux d’intérêt en Italie a eu un impact négatif sur le coût du capital, ce qui a à son tour provoqué «une révision à la baisse de la valeur actualisée des flux de trésorerie futurs utilisés pour déterminer la valeur des écarts d’acquisition».
Le groupe souligne que cette décision n’a pas d’impact sur ses objectifs de désendettement ou sa situation financière et que ses réserves, qui dépassent les 7 milliards d’euros, lui permettront d’honorer les engagements pris en matière de dividende dans son plan stratégique 2012-2014. Mais ceci a néanmoins entraîné une perte nette de 4,7 milliards l’an dernier, sachant que les 7,3 milliards de dépréciations intègrent 3,2 milliards de perte de valeur déjà constatée au premier semestre. «Les survaleurs restant au bilan, d’un montant de 37 milliards d’euros, sont entièrement rattachées aux activités domestiques», relèvent les analystes de Kepler. L’action ordinaire a cédé près de 1% à 0,9 euro vendredi sur la Bourse de Milan.
Telecom Italia est en fait rattrapé par les nombreuses réorganisations ayant touché son capital depuis sa privatisation dans les années 90. Il est de plus confronté à une enquête récemment ouverte par le parquet de Milan concernant une escroquerie aux cartes SIM, dans laquelle auraient été impliqués près d’une centaine de salariés et de revendeurs. Mis en cause pour ne pas avoir su prévenir ces agissements, l’opérateur italien, qui en aurait retiré un bénéfice illicite de 230 millions d’euros en 2008, a indiqué qu’il entendait se constituer partie civile.
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