TechnipFMC se scinde trois ans après sa fusion
La rupture est consommée, trois ans après une fusion qui avait fait grand bruit. Le groupe parapétrolier TechnipFMC a annoncé, lundi soir, après la clôture de Bourse à Paris, qu’il allait scinder son activité d’ingénierie et de construction en deux entreprises. La scission devrait être effective au premier semestre 2020.
TechnipFMC était précisément né, en 2016, de la fusion de l’équipementier américain FMC et du groupe français d’ingénierie pétrolière Technip. Le projet annoncé lundi revient à séparer à nouveau les activités du groupe. Le groupe franco-américain, qui affiche une capitalisation boursière de 10,3 milliards de dollars (9,3 milliards d’euros), compte créer deux sociétés distinctes, indépendantes et cotées en Bourse.
D’un côté, «RemainCo», selon son appellation provisoire, aura son siège à Houston, au Texas – comme TechnipFMC – et sera cotée à New York et à Paris. Elle sera centrée sur le secteur sous-marin. Elle comptera 22.000 salariés, et restera dirigée par l’actuel PDG de TechnipFMC, l’Américain Doug Pferdehirt. De l’autre, «SpinCo», sise à Paris – mais immatriculée aux Pays-Bas – sera centrée sur les projets dits «onshore/offshore», les projets d’ingénierie de grands ensembles pétroliers ou gaziers. Cette nouvelle entreprise, cotée sur Euronext à Paris, sera dirigée par la Française Catherine MacGregor, et devrait compter 15.000 salariés.
Officiellement, la fusion de TechnipFMC a été un succès, avec des «performances exceptionnelles», qui «ont rendu possible la transaction proposée et, à l’issue de l’opération, permettront aux deux sociétés de créer de la valeur supplémentaire», justifie le groupe.
Dans les faits, le chiffre d’affaires de l’entité RemainCo devrait atteindre environ 7 milliards de dollars en 2019, tandis que SpinCo devrait réaliser des ventes de 6 milliards de dollars, indique TechnipFMC sur son site lundi. Au 30 juin 2019, RemainCo bénéficiait d’un carnet de commandes de 10 milliards de dollars, tiré par le pétrole de schiste, contre 19 milliards pour SpinCo, fort du dynamisme du secteur du gaz naturel liquéfié (GNL). Mais en 2018, TechnipFMC a affiché une perte nette de 1,9 milliard d’euros. Et avant lundi, le groupe avait perdu près du tiers de sa valeur boursière depuis la fusion.
En creux, cette nouvelle scission confirme les problèmes liés à la fusion engagée par l’ancien PDG de Technip, Thierry Pilenko, qui a quitté le groupe en mai 2019. La fusion «entre égaux» a été vivement critiquée en France, où a été pointée une domination croissante des Américains sur la nouvelle entité.
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